Interview exclusive – Waldemar Brun-Theremin : Trump, inflation et protectionnisme

le 3 janvier 2017

Si l’élection de Donald Trump s’est révélée une surprise pour les médias, elle n’a pas eu l’impact attendu sur les marchés. Le Courrier Financier vous propose de découvrir les impressions de Waldemar Brun-Theremin, Directeur de la multigestion chez Turgot Asset Management, au lendemain de cette élection.

Quelles sont les premières réactions des marchés après l’annonce de la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines ?

L’élection de Donald Trump n’a pas provoqué le cataclysme attendu. Les marchés ont plongé avant l’ouverture mais se sont rapidement repris. Ils vont rester déboussolés pendant quelques séances.

Du côté des changes, le dollar est stable.

Qu’attendez-vous pour les mois à venir ?

Nous savons que Trump va tenir une ligne dure face à ses partenaires commerciaux, notamment la Chine et le Mexique, qui font partie de ses principaux partenaires. Cette approche devrait sans doute créer de nouvelles tensions en termes de commerce international.

Il a déclaré vouloir relancer l’économie américaine via une baisse d’impôts massive et de lourds investissements dans les infrastructures. En toute logique, et si ces mesures sont prises, nous devrions assister à une reprise de l’inflation.

Enfin, il est à parier qu’il fera pression sur les multinationales américaines pour qu’elles rapatrient les montagnes de cash qu’elles conservent à l’étranger, afin d’investir sur le territoire et de financer les infrastructures. Faudra t-il que cela passe-t-il par une amnistie fiscale ?

Comment allez-vous adapter vos prises de positions ?

En termes de politique d’investissement, nous sommes largement sous-exposés aux marchés émergents.

Le probable protectionnisme de Trump pourrait provoquer un ralentissement des échanges commerciaux mondiaux. Cette tendance ne devrait pas se limiter à la Chine mais s’étendre à ses voisins.

Par anticipation, nous avons initié en octobre des positions pour jouer la reprise de l’inflation. Enfin, nous avons réduit notre exposition au risque de remontée des taux longs (en cas de pentification de la courbe des taux).

Du côté de la zone euro, qu’anticipez-vous ?

Depuis la semaine dernière, on observe les premiers flux positifs sur les actions européennes, après 38 semaines de sorties. L’Europe ne va pas nécessairement pâtir de l’élection de Trump. L’Allemagne devrait, en tant que puissance exportatrice, davantage souffrir que ses voisins. En revanche, la victoire de Trump, après le Brexit, peut sonner le grand retour des plans de relance et de l’inflation.