Faut-il encore investir dans les petites et moyennes valeurs ?

le 29 April 2015

Sur les quatorze dernières années, les petites et moyennes capitalisations boursières ont surperformé onze années. Depuis le début 2015, c’est l’inverse. Analyse et perspectives

 

Depuis le point d’inflexion sur l’EURO/USD en mars 2014, le CAC Small sous performe le CAC 40 de -9%. L’indice CAC 40 affiche une performance depuis le début de l’année de 21,74% (au 24/04/2015), le CAC Small, quant à lui, est en léger retard avec une progression de 18,53%. Rien d’alarmant ? Au-delà de cet écart de performance, il faut surtout souligner la faiblesse des volumes d’échanges sur l’indice. Ainsi du 20 au 24 avril 2015, quand le CAC 40 affichait des volumes de l’ordre de 4,4 milliards d’euros en moyenne quotidiennement, le CAC Small n’atteignait que 68 millions d’euros d’échanges quotidien. Sur le PEA PME, les volumes tiennent relativement bien. Relativement car c’est principalement grâce à deux valeurs biotech Genfit et Innate Pharma, avec respectivement 55 millions d’euros et 30 millions d’euros d’échanges quotidiens. Quant à la collecte sur les fonds spécialisés sur les petites et moyennes valeurs, elle ne semble pas avoir bénéficié des afflux de liquidités malgré le contexte de taux européens bas et la recherche de rendement. Enfin, les petites et moyennes valeurs n’ont pas non plus pleinement profité de la hausse du dollar de ces derniers mois. Pourtant la perspective d’une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis et la hausse du dollar par rapport aux autres devises, qui se sont dépréciées, ont rendu les marchés actions américaines moins attractifs. Si cette situation a  largement profité aux grosses capitalisations européennes et japonaises, les sociétés de petites et moyennes tailles ont en revanche été délaissées par les investisseurs internationaux. Ce phénomène est identique sur les petites et moyennes valeurs des autres pays européens.

Toutefois, il est important de souligner que si la collecte sur la classe Actions a été positive sur les mois de janvier et de février, le mois de mars a été négatif pour le compartiment Actions Europe avec une décollecte de 395 millions d’euros, selon Europerformance. Les investisseurs ont clairement arbitré les fonds Actions au profit des ETF, qui ont en revanche continué de fortement collecter sur la fin du T1 2015.

De plus, les premières publications de résultats du premier trimestre des petites et moyennes valeurs ont été globalement bonnes. Elles sont en ligne, voire supérieures, aux attentes des analystes. Les Small et Mid Caps devraient donc continuer de profiter de l’amélioration graduelle de la conjoncture économique des pays de la zone Euro : les petites et moyennes valeurs sont réputées plus “domestiques” que les grandes capitalisations. Et celles exposées aux marchés internationaux devraient continuer de profiter des effets positifs de la hausse de la parité Euro/Dollar. Cette amélioration de la croissance bénéficiaire des petites et moyennes valeurs va ainsi permettre aux valorisations de ne pas trop se tendre et de continuer de générer un “upside” significatif pour cette classe d’actifs. Autrement dit, ces données financières plus qu’encourageantes laissent présager un regain d’intérêt pour les petites et moyennes capitalisations.