Gaz et Pétrole : discordes, sanctions et préoccupations avec la Russie

le 21 novembre 2014

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Si le marché attend avec un brin d’impatience la réunion de l’OPEP, qui doit indiquer le 27 novembre prochain si elle met fin à la guerre des prix, ses yeux se sont aussi tournés vers la Russie. Le départ précipité du président Russe lors du G20 en Australie n’est pas passé inaperçu. Et pour cause ! Selon The Moscow Times, le G20 aurait menacé la Russie de nouvelles sanctions économiques si le soutien aux rebelles séparatistes ukrainiens ne prenait pas fin, notamment de la part du président des Etats-Unis, Barack Obama, du Canada et des premiers ministres canadien Stephen Harper et britannique David Cameron. Quant à la chancelière Angela Merkel affirmait que l’Union Européenne réfléchissait à des sanctions financières visant directement les individus impliqués dans le conflit ukrainien.

Des propos qui ne font pas l’unanimité. L’ensemble de la presse a relevé que les vingt-huit membres de l’Union Européenne ont à nouveau mis en évidence leurs divisions à propos de l’Ukraine et se sont mis d’accord sur des conclusions minimales. Au vue de la détérioration de la situation dans l’Est de l’Ukraine, ils ont répété leur attachement au protocole de Minsk, conclu entre Kiev et Moscou. Ils appellent au retrait des « forces étrangères illégales » et demandent au Service d’action extérieure et à la Commission de préparer une liste de « mesures ciblées » contre des responsables des forces séparatistes – et non contre de nouveaux membres de l’entourage de M. Poutine. Les pays baltes, la Pologne et la Grande-Bretagne demandaient une dénonciation sévère de Moscou et affirmaient ne plus croire dans les accords de Minsk. L’Allemagne mettait en garde contre une politique de sanctions supplémentaires alors que les mesures de rétorsion économique portent leurs fruits. La France, la Finlande et les pays du Benelux estiment, quant à eux, que le processus de Minsk reste le seul outil possible pour une éventuelle solution politique. Un répit dans l’attente des évolutions en Ukraine.

En attendant, le pétrole sert de discorde. Selon The Moscow Times, l’Union Européenne affirme que les droits de douane sur les exportations de pétrole russe vont à l’encontre des règles de l’OMC, discriminant l’UE au profit de la Chine. Pour faire face à la volonté européenne de diversifier ses approvisionnements, la Russie tente de développer des champs de pétrole dans l’est de la Sibérie, approvisionnant le pipeline ESPO qui relie ces champs à la Chine et à la côte Pacifique, et ainsi atteindre le marché asiatique. La Russie explique la différence de droits de douane par la différente qualité du pétrole produit, l’UE demande que ces droits soient remplacés par une taxe d’extraction.

Autre matière première où la position de la Russie joue les détonateurs : le gaz. Selon, le Financial Times Naftogaz, la compagnie publique de distribution de gaz ukrainienne, pourrait arrêter d’approvisionner les régions de l’est de l’Ukraine contrôlées par les rebelles séparatistes en raison de l’absence de paiements. La perte est estimée à près de 1Md$ sur 12 mois si le gaz est livré gratuitement. Le premier ministre considère d’autres pistes, notamment baisser certaines subventions dans les régions séparatistes pour financer les pertes de Naftogaz. A suivre…