GAZ : la Russie ouvre un nouveau front de discorde

le 5 décembre 2014

Découvrez les actualités qui ont animé le marché pétrolier pendant la semaine du 1er au 5 décembre 2014

Selon le Financial Times, à l’issue d’un entretien avec le président Erdogan lors d’un voyage officiel en Turquie, le président Poutine a déclaré que le pipeline South Stream destiné à transporter du gaz russe vers l’Europe du Sud serait abandonné si l’Europe ne retirait pas son opposition au projet. La Russie chercherait à la place à développer un hub gazier vers l’Europe via la Turquie. La Commission Européenne a, en effet, refusé à Gazprom les exemptions nécessaires pour opérer le pipeline à pleine capacité et a demandé au gouvernement bulgare de cesser les travaux sur le pipeline dans la mesure où ils violeraient les règles de la concurrence Enfin, le financement de la partie offshore du projet de 14 Md$ butte sur les sanctions imposée par l’Europe. La société South Stream Transport BV a pour actionnaires Gazprom (50 %), ENI (20 %), EDF (15 %) et Wintershall (15 %). Saipem a obtenu plus de 2 Md€ de contrats pour la pose des deux premières conduites offshore (10 % du backlog). Les travaux de pose pour la partie deepwater devaient commencer début 2015. Vu la taille du projet et la durée d’exécution, South Stream pouvait représenter 50 % de la contribution de l’offshore E&C de Saipem en 2015. D’autres projets russes à arrêter ?

Du côté du pétrole, la Russie reste aussi un acteur à surveiller. Selon Reuters, qui reprend les propos du prince saoudien Turki bin Faisal, l’Arabie Saoudite serait prête à envisager une réduction de la production de pétrole si d’autres pays non-membres de l’OPEP, dont la Russie, participaient à l’effort afin de ne pas perdre de parts de marché. Le prince saoudien ne voit pas de crise pour l’Arabie Saoudite dans les deux années à venir, le pays ayant accumulé suffisamment de réserves financières ces dernières années. Vu que la Russie et le Mexique ont déjà décliné la proposition de réduction de la production, il reste parmi les grands producteurs mondiaux la Chine, le Canada et … les Etats-Unis à convaincre.

Or les Etats-Unis ont les réserves au plus haut depuis 1975 grâce aux schistes. Selon le Financial Times du 5 décembre 2014, les réserves américaines ont, selon les chiffres de l’EIA, atteint 36,5 Mdb à la fin de 2013 en hausse de 9,3 % par rapport à l’année passée, soit une cinquième année consécutive de hausse. En 2013 en effet, les compagnies américaines ont produit 2,7 Mdb mais ont ajouté 5,5 Mdb de réserves. Les principales additions de réserves sont intervenues dans le Bakken (+1,68 Mdb) et dans le bassin d’Eagle Ford (+805 Mdb). Les réserves avaient atteint un pic en 1970 à 39 Mdb. A 36,5 Mdb, les Etats Unis restent toutefois distancés en termes de réserves par l’Arabie Saoudite à 266 Mdb mais aussi derrière la Russie (93 Mdb), le Canada (173 Mdb) et les principaux producteurs de l’OPEP (Iran, Irak, EAU, Venezuela, Libye). Les réserves de gaz ont quant à elles augmenté de 10 % à 354 TCF mais cette hausse de 31 TCF intervient après une baisse de 26 TCF en 2012 liée à la baisse des prix du gaz. Le produit de la révolution des schistes.

En attendant, selon la presse, le Chancelier de l’Echiquier George Osborne a annoncé mercredi une réduction immédiate du taux de la taxe supplémentaire de 32 % à 30 %, un allongement de 6 à 10 ans du supplément des dépenses cantonnés (Ring-Fenced) et l’introduction avec effet immédiat d’un abattement fiscal pour les « New Cluster Area ». Il a déclaré que ces mesures fiscales démontrent l’engagement du gouvernement britannique vis-à-vis des dizaines de milliers d’emplois que fournit l’industrie. Les mesures interviennent après qu’un certain nombre de voix de l’industrie avaient appelé à une réforme fiscale majeure du secteur. Dans sa déclaration d’automne à la Chambre des communes, Georges Osborne a reconnu que le prix du pétrole inférieur représentait un défi pour l’industrie. Des mesures bienvenues mais sans doute pas suffisantes pour éviter des réductions d’investissements et d’emplois dans la zone.