La mise en place d’un revenu universel de base face à l’avènement des robots

le 30 mai 2016

Les très faibles niveaux d’inflation dans le monde sont liés à la croissance en berne et aux surcapacités de production. La déflation trouve également ses sources dans les avancées technologiques. De nombreux observateurs s’accordent pour considérer que ces progrès ouvrent la voie à un remplacement des travailleurs humains par des robots, et cela aussi bien dans les tâches d’un col bleu que celles d’un col blanc.

La technologie est déjà là pour les tâches manuelles : que ce soit dans les usines Foxconn qui produisent les iphones ou dans les McDonalds américains, les robots gagnent du terrain. Comme le déclare l’ancien pdg de McDo, quand le salaire minimum passe à 15$ de l’heure, les automates prennent la relève…

Elle perce également dans des domaines à plus forte valeur ajoutée : chez les chirurgiens, les avocats…

Dans ce scénario – des millions de travailleurs remplacés par l’avènement des robots – ce sont autant de consommateurs qui disparaissent. Mais alors, comment maintenir ce qui est devenu le principal moteur de la croissance, la consommation ? Et bien justement, via un revenu garanti sans condition versé par l’Etat, dont le moindre paradoxe est qu’il est soutenu aussi bien par des socialistes, des monétaristes comme Milton Friedman ou encore des entrepreneurs de la Silicon Valley.

Dans cette optique, la Suisse va soumettre le « revenu de base inconditionnel » à une votation le 5 juin prochain. S’il est certain d’être rejeté par les électeurs suisses qui ont déjà refusé la 6e semaine de congés payés ou le relèvement du salaire minimum, ce revenu garanti n’en gagne pas moins en popularité dans le monde occidental.

La Hollande et la Finlande expérimentent le concept. Un des buts affichés : liquider l’administration sociale de l’Etat Providence. Les grecs dont le système social a été démantelé, sans contrepartie pour les citoyens, doivent se dire que les européens du nord marchent sur la tête.

Le G7, qui s’est conclu ce week end, ne débouche pas sur une action concertée des pays développés pour relancer la machine. En revanche, il ouvre la porte à des relances fiscales pays par pays. Certaines rumeurs laissent entendre que le Japon pourrait émettre des bons de consommation dans les prochains mois. En Europe, la mise en œuvre généralisée d’un revenu public attendra encore un peu… au moins jusqu’à la prochaine crise…