La production pétrolière toujours en progression

le 9 février 2015

Découvrez les actualités qui ont marqué la semaine du 2 au 6 février 2015 pour le secteur pétrolier.

 

La baisse continue du prix du baril n’a pas eu d’effet pour le moment sur la production pétrolière. Ainsi d’après Bloomberg, la production de l’OPEP en janvier a atteint 30.905Mb/j, en augmentation de 483 000b/j par rapport à décembre 2014, alors que la production irakienne a atteint un record. La production irakienne a augmenté de 200 000b/j à 3.9Mb/j ce mois-ci, alors que le pays a ajouté la production kurde, qui est en augmentation, à ses exportations. Le 18 janvier, la production irakienne a atteint un record à 4Mb/j, d’après Adel Abdul Mahdi, le ministre du pétrole. Bloomberg ajoute que la production de l’Arabie Saoudite, premier producteur de l’OPEP, a augmenté de 220 000b/j à 9.72Mb/j. Celle de l’Angola a elle aussi augmenté de 190 000b/j à 1.81Mb/j en janvier. L’OPEP doit se réunir le 5 juin à Vienne. Pas de quoi rendre pérenne la relative stabilisation en cours sur les prix du brut.

 

Asie confirme son appétit pour le pétrole
L’Asie se place toujours comme un grand consommateur de pétrole. D’après Reuters, qui reprend les données du gouvernement iranien, les importations asiatiques de pétrole brut iranien ont augmenté de 19.8% en 2014, à un plus haut depuis 3 ans à 1.12Mb/j en moyenne. Les exportations vers l’Asie ont surtout été importantes en décembre, où elles ont atteint 1.21Mb/j, soit une augmentation de 21% par rapport à décembre 2013, grâce à une forte augmentation indienne suite à une demande hivernale plus importante que d’ordinaire. Reuters rappelle que l’Iran s’est mise d’accord avec les Etats-Unis et cinq autres nations en 2013 pour travailler à un accord définitif concernant son programme nucléaire en échange d’un allégement des sanctions. Deux dates de fin ont été repoussées depuis lors, et le but est maintenant de parvenir à un accord politique pour la fin du mois de Mars, et un accord final le 30 juin. Jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé, la plupart des acheteurs asiatiques de brut iranien ne devrait pas augmenter leurs importations, à part la Chine, d’après des sources de Reuters. Depuis l’accord intermédiaire de novembre 2013, l’Iran est autorisée à exporter environ 1 Mb/j de brut contre 2.2Mb/j au début de 2012. L’Arabie Saoudite n’a pas tardé à riposter. Le pays a consenti un nouveau discount de 0.9$/b à ses clients asiatiques sur ses livraisons de brut mensuelles. Le rabais s’élève actuellement à 2.3$/b par rapport au brut Oman/Dubai. Il s’agit du plus important discount depuis 12 ans.

Dans le même temps, toujours d’après Bloomberg, Abu Dhabi, qui détient environ 6% des réserves mondiales de pétrole, a diminué ses prix à l’export en janvier pour le 7ème mois consécutif, à un plus bas depuis février 2009. Le brut Murban, s’est vendu en janvier à 46.40$ le baril, soit 23% en deçà des niveaux de décembre dernier, selon une déclaration d’ADNOC. Bloomberg ajoute qu’Abu Dhabi possède une capacité de production de 1.6Mb/j de Murban, pour une production combinée totale de 3Mb/j.

 

Les prévisions pour 2015
Aux Etats-Unis aussi, la production de pétrole reste active. L’IHS a publié ses prévisions de production de pétrole aux USA en 2015. Elle prévoit que la production devrait continuer à augmenter dans la première partie de l’année, puis se stabiliser au S2. L’étude a pris en considération 39 000 puits de forage aux Etats-Unis, avec une hypothèse de prix du baril en dessous de 60$. Selon l’étude, 30% des nouveaux puits forés en 2014 avaient un prix d’équilibre supérieur ou égal à 81$/b, la moitié à 60$/b, et 25% à 40$ ou moins par baril. L’IHS a déclaré que beaucoup de puits seront tout de même forés en 2015, mais que les conditions économiques défavorables et les baisses des budgets d’investissements mèneront à un nombre de nouveau forages en 2015 inférieur à ceux de 2014. L’IHS s’attend à une production mensuelle moyenne aux Etats-Unis pour 2015 supérieure de 500 000b/j à la moyenne de janvier. Pour 2016, si les prix restent faibles, l’IHS s’attend à une production stable, voire en diminution. En attendant la stabilisation, la production américaine continue d’augmenter.

A noter qu’en Libye, d’après Reuters, qui cite Mashallah Zwai, ministre du pétrole libyen, Samir Kamal, officiel libyen qui travaille pour l’OPEP, a été libéré après 2 semaines de captivité. Le pays reste déstabilisé. Ainsi, Reuters rapporte l’attaque d’hommes armés sur le champ libyen de Mabrouk au sud de Syrte. D’après une source diplomatique française citée par Reuters, quatre employés locaux auraient été tués. Les quatre hommes feraient partie de l’Etat Islamique, et contrôleraient toujours le site, selon Reuters. Le champ a été fermé en décembre, et pompait auparavant 40 000b/j. NOC, la compagnie nationale libyenne, est opérateur du champ de Mabrouk avec 73% d’intérêts, en partenariat avec Total (20.25%), et Statoil (6.75%). Le champ était arrêté mais il ne faudrait pas que les installations soient endommagées.