L’arme des banques centrales

le 24 mai 2016

L’absence d’inflation fait figure de casse-tête pour les banques centrales. Faible croissance économique et innovation technologique compliquent l’équation. Pour autant, une véritable déflation à la japonaise nous menace-t-elle ? Quels sont les outils pour l’éviter ?

Dans un discours de 2002, Ben Bernanke, le prédécesseur de Janet Yellen à la tête de la FED, évoque  les mesures pouvant être prises en cas de déflation. On retrouve dans son discours tout le catalogue des actions prises par la banque du Japon depuis 2013 à savoir des achats d’actifs financiers domestiques et étrangers. Bernanke conclut son exposé par la fameuse « helicopter money » (une autre manière de désigner la planche à billets). Les risques sont connus : on peut regarder du côté de Weimar ou du Zimbabwe.

Quels seraient les buts d’imprimer de la monnaie ?

Tout d’abord, créer des anticipations d’inflation chez les consommateurs (acteurs économiques). Pourquoi acheter un réfrigérateur maintenant, si vous pensez que son prix va baisser d’ici 3 mois ?

Ensuite, faire tourner la machine économique : le monde fait face à de gigantesques surcapacités de production. Distribuer des revenus aux ménages permettrait de remettre en marche ces usines à l’arrêt.

Au-delà, le but de l’inflation : s’assurer que les taux réels restent suffisamment bas pour soutenir la croissance, tout en permettant aux taux longs de remonter. On obtient alors une repentification de la courbe des taux. Or c’est tout ce dont ont besoin les banques pour reconstituer leurs marges.

Nous ajouterons un objectif non-dit : éviter l’explosion de la bulle obligataire créée par les programmes d’achat des banques centrales toujours à l’œuvre en zone euro et au Japon. La grande question qui fait peur aux marchés est bien celle-ci : que se passe-t-il quand les banques centrales cessent d’acheter des obligations ?

Enfin, nous conclurons par le but ultime de la helicopter money : assurer un revenu minimum aux ménages dont les emplois sont menacés par les robots. Dans un prochain point, nous verrons que ce scénario ne relève pas forcément de la science fiction.