Le marché est calme… une réunion extraordinaire de l’OPEP fait débat

le 27 février 2015

Découvrez les actualités du marché de l’énergie et du pétrole de la semaine du 23 au 27 février 2015.

 

Selon le Wall Street Journal, s’exprimant pour la première fois depuis décembre en marge d’une conférence à Jizan, le ministre du pétrole saoudien, Ali al-Naimi a souligné que le marché était calme et a blâmerait quiconque essaierait de le bousculer. Selon lui, la demande est croissante. Selon le WSJ, le brent a clôturé à 61.63$/b mercredi (en hausse de 5 %), le niveau auquel l’Arabie Saoudite avait estimé que le marché se stabiliserait. Selon le quotidien, plusieurs sociétés de recherche mettent en avant le fait que la demande serait en train d’accélérer en particulier aux Etats-Unis où les ventes de SUV sont en forte croissance (+19.3% yoy en janvier). Calme mais un peu « sonné » après les turbulences récentes.

 

L’ex-URSS bousculée
Reste que la tendance actuelle continue de peser sur les Etats. A l’image de la Russie. Selon Bloomberg, la note souveraine de la Russie a été abaissée à Ba1 par Moody’s, un cran en dessous des notes dites « investment grade« . L’agence de notation a également placé la note de la Russie en perspective négative. Moody’s justifie sa décision par les sanctions existantes et potentielles pesant sur le pays, l’érosion des tampons du taux de change, les bas prix du pétrole, et une inflation haute et en augmentation. La dégradation par Moody’s de la note russe en dessous « d’investment grade » intervient après celle de Standard & Poor’s en janvier dernier.

Non loin de la Russie, l’Azerbaïdjan est également chahutée. D’après le Financial Times, la banque centrale de l’Azerbaïdjan a dévalué le manat, la monnaie du pays, de 34 % ce weekend afin « de soutenir la diversification de l’économie du pays, renforcer sa compatibilité internationale, et ses exportations potentiels, ainsi que sa balance des paiements ». Le FT rappelle que les ventes de pétrole et de gaz représentent 95% des exportations du pays, et 70% de ses. Le FT ajoute que le pays s’est protégé jusqu’alors de la baisse des prix du pétrole grâce à ses importantes réserves de change, qui représentent 70% de son PIB. La dévaluation devrait aider à améliorer la compétitivité de l’Azerbaihjan, et réduire les coûts de l’industrie pétrolière opérant dans le pays.

 

La réunion de l’OPEP fait débat
Un représentant de l’OPEP a déclaré à Reuters qu’il n’existait pas de projet de réunion d’urgence des pays de l’OPEP avant juin. La ministre nigériane du pétrole avait déclaré lundi au FT qu’une telle réunion pourrait avoir lieu si les prix du pétrole continuaient de baisser.

Pourtant, dans le cadre d’une interview au Financial Times, la ministre nigériane des Ressources pétrolières (Diezani Alison-Madueke) – également présidente de l’OPEP depuis le 1er janvier – a annoncé que si les prix continuaient de baisser cela serait très probable qu’elle convoque une réunion extraordinaire de l’OPEP dans les 6 semaines. Selon elle, tous les pays de l’OPEP sont dans une situation inconfortable, à l’exception du bloc arabe. En tant que présidente de l’OPEP, elle est responsable de la liaison entre les pays membres et le secrétaire générale. Pour rappel la prochaine réunion de l’OPEP est programmée le 5 juin 2015.

Et pour enfoncer le clou, d’après Reuters, Rafael Correa, le président de l’Equateur a déclaré être d’accord avec la proposition de la ministre nigériane du pétrole de tenir une réunion extraordinaire des pays de l’OPEP, ajoutant que les prix du pétrole étaient inutilement bas, et que la proposition du Nigéria arrivait au bon moment. Pour rappel, deux délégués de l’OPEP ont déclaré mardi qu’aucune réunion d’urgence n’aurait lieu avant juin.

 

Du côté des entreprises sur secteur, Reuters rapporte l’annonce de la Maison Blanche, selon laquelle Obama a opposé, comme prévu, son véto à la loi autorisant la construction du pipeline Keystone XL. Le 11 février, le Congrès a définitivement adopté le projet de loi, approuvé par 270 voix contre 152 à la Chambre des représentants. Le texte avait déjà été adopté par le Sénat à la fin janvier.

Au Brésil, deux officiels du gouvernement brésilien ont déclaré à Reuters que le Brésil n’avait pas l’intention de recapitaliser Petrobras après la dégradation de sa note par Moody’s de deux crans, à Ba2. Reuters précise que le gouvernement s’est engagé à ne pas augmenter le capital de la compagnie depuis 2010, lorsque Petrobras a émis 70Md$ d’actions nouvelles, dont la majorité a été achetée par le gouvernement. Le gouvernement brésilien s’inquiète que la dégradation de Petrobras puisse mettre sous pression sa note souveraine, et a annoncé de nouveaux contrôles des dépenses. Les mesures précises seront annoncées dans les prochains jours, ont précisé les sources gouvernementales de Reuters. Le sort du pays et de la compagnie nationale sont lié.

D’ailleurs, toujours au Brésil et selon Reuters, l’ANP (Agence National du Pétrole) a recommandé le décalage des attributions de nouveaux blocs d’ici la fin 2015 ou début 2016 compte tenu de la récente baisse des cours du pétrole et d’une participation vraisemblablement limitée de Petrobras. Les 13èmes enchères étaient programmées pour le premier semestre 2015 et ne comprenaient pas de blocs en subsalt . Une décision qui peut se comprendre compte tenu des fondamentaux et qui pourrait peser sur les sociétés de services les plus en amont (sismique et forage en particulier).