Le prix du pétrole touche son plus bas depuis deux ans, et ce n’est pas sans conséquence

le 31 October 2014

Découvrez les actualités qui ont animé le secteur de l’énergie à travers la planète pour la semaine du 27 au 31 octobre 2014

 

Les prix du brut américain (référence WTI) sont passés sous la barre des 80 $/b en cours de séance lundi 27 octobre, soit un plus bas de 28 mois, avant de rebondir pour clôturer à 81 $/b. De nouvelles dégradations des hypothèses d’environnement par les grandes banques de la place et des inquiétudes sur la demande continuent de peser. Le Financial Times notait que le passage au contango de la courbe des prix pourrait conduire les investisseurs passifs à sortir du marché.

Cette évolution impacte déjà les pays producteurs de l’or noir. Selon le BIP, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a estimé le 26 octobre qu’une persistance de la baisse des prix du brut pourrait placer les pays du Conseil de coopération du Golfe, qui produisent quelque 17 Mb/j de brut, en situation de déficit budgétaire. Elle a exhorté ces pays à réformer leurs économies et à prendre des mesures d’assainissement des finances publiques. Des mesures d’économies complexes à adopter alors que les tensions géopolitiques et sociales sont fortes dans la région.

Exemple concret : Oman. Le Financial Times estimait cette semaine que la récente chute du baril met davantage de pression sur l’Oman pour réduire les subventions sur le prix du pétrole à la pompe. Selon le gouverneur de la Banque Centrale, Hamood al-Zadjali, le gouvernement étudie comment réduire les aides à la pompe tout en maintenant les dépenses visant à soutenir les secteurs non liés au monde du pétrole. Le gouvernement a besoin d’un baril à 100 $ afin d’équilibrer son budget. La baisse des subventions est un sujet sensible pour le pays, de nombreuses aides avaient été mises en place suite aux manifestations pro-démocratiques de 2011.

Ce qui n’empêche pas le Kurdistan d’envisager le doublement de la capacité d’exportation de brut vers la Turquie. Ainsi, Reuters rapporte que Kurdistan irakien prévoit d’augmenter la capacité de son pipeline de pétrole allant vers la Turquie à 700 000b/j grâce à une modernisation du pipeline. La quantité de pétrole transportée est actuellement de 280 000b/j et devrait atteindre 400 000b/j d’ici fin 2014. Potentiellement, encore un peu plus de Brent sur le marché.

Et de son côté l’Argentine adopte une réforme pétrolière pour attirer les investisseurs. C’est que ce rapporte le BIP. Ce vote du parlement argentin est destiné à favoriser les investissements en allongeant la durée des concessions. Elle limite aussi les revenus pour les provinces pétrolières. Les durées des concessions seront désormais de 25 ans pour les gisements conventionnels, 30 ans pour les exploitations offshore et 35 ans pour les gisements de gaz ou pétrole de schiste, avec la possibilité de les prolonger de 10 ans. L’Argentine cherche à attirer les majors notamment dans le gisement prometteur de Vaca Muerta, dans la province de Neuquen, qui renferme les deuxièmes réserves mondiales de gaz de schiste et les quatrièmes pour le pétrole de schiste.