Le secteur pétrolier dopé par le M&A

le 1 septembre 2015

En dépit du rebond en cours de semaine, les marchés demeurent très volatiles sur fond d’interrogations sur la politique de la Fed, la santé de l’économie chinoise et de baisse des matières premières. Le secteur pétrolier a été soutenu cette semaine par le rebond technique des prix du pétrole et l’offre de rachat de Cameron International par Schlumberger.

Depuis la mi-août, les marchés sont sur une tendance baissière et volatile. Plusieurs éléments expliquent cette situation : baisse des matières premières et du pétrole en particulier, mauvaises statistiques en Chine, dévaluation du yuan, craintes sur la croissance mondiale et la déflation. Dans ce contexte de visibilité réduite, nous assistons à un retour de l’aversion au risque. Sur la semaine écoulée, les inquiétudes autour de la Chine ont provoqué un lundi noir sur les places financières mondiales : -5,35% pour le CAC 40, -5,35% pour l’EuroStoxx 50, -5,33% pour le S&P500 en euros et -5,12% pour le MSCI World en euros. Les marchés ont finalement rebondi à partir de mardi sur fond de baisse du taux d’emprunt chinois, de déclarations apaisantes de certains membres de la Fed et un flux de données macroéconomiques encourageantes aux Etats-Unis (PIB 2T à 3,7% contre 3,2% attendus). La durée et l’ampleur du rebond seront liées aux mesures qui seront prises par le gouvernement chinois pour relancer l’économie et en particulier la consommation domestique du pays.

Le ralentissement de la Chine et l’absence de visibilité à court terme font souffrir les matières premières et en particulier le pétrole. Le Brent a par exemple corrigé de 8% lundi, journée noire sur les marchés. Il a rebondi jeudi de près de 10%, suivant le rebond générale des marchés. Au niveau des fondamentaux du marché pétroliers, les choses n’ont pas beaucoup évolué. L’offre reste abondante et les perspectives de demande sont assombries par les interrogations sur la croissance chinoise. Les niveaux actuels de prix, autour de 40$, mettent à mal la rentabilité de nombreux projets, pas uniquement du côté des pétroles de schistes aux Etats-Unis. Déjà 200 Md$ de projets ont été gelés cette année et le montant pourrait encore s’élever sur les prochains mois si les prix ne remontent pas. Les prix actuels font également souffrir certains pays producteurs tels que le Venezuela, l’Algérie et l’Iran. Ces pays, membres de l’OPEP, appellent d’ailleurs à une réunion extraordinaire avant celle prévue le 4 décembre. De son côté, l’Arabie Saoudite campe sur ses positions, estimant qu’il est trop tôt pour réduire la production alors que la baisse des prix du brut n’a pas encore produit tous ses effets. En effet, bien que stabilisée, la production américaine n’a pour l’instant pas commencé à décliner. Nous pensons néanmoins que nous approchons de la fin de l’effet de latence et que certains producteurs américains vont commencer à sérieusement souffrir de la faiblesse des prix dans un contexte de conditions de financement qui vont se durcir.

En conclusion, nous continuons de penser que les prix vont rester orientés à la baisse à court terme compte tenu de la persistance d’une offre abondante et de la volonté affichée de l’OPEP de peser sur les prix dans une stratégie de gain de parts de marché. Nous considérons néanmoins que les prix du pétrole seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le rebond des prix devrait cependant être lent et progressif.

Le secteur énergie a sur performé les marchés sur la semaine, suite au fort rebond des prix pour des raisons techniques essentiellement. Le rachat de Cameron International par Schlumberger a également constitué un soutien pour le secteur. Cette opération intervient plusieurs mois après le rapprochement de Halliburton et Baker Hughes et pourrait être suivie d’autres. En effet, dans l’environnement actuel de faibles prix du pétrole, les sociétés de services cherchent les moyens de s’adapter. En dehors de la réduction des coûts, les opérations de rapprochement permettent de se renforcer sur des segments et d’offrir aux clients pétroliers une offre plus complète et compétitive et être prêts pour profiter du rebond quand celui-ci se produira probablement en 2017 ou 2018. Des opérations sont donc à prévoir aux Etats-Unis (National Oilwell Varco, FMC Technologies, qui a une JV en subsea avec Technip ou encore Oceaneering International), mais également en Europe (Petrofac/Mc Dermott, qui ont déjà une JV en commun, et enfin Schoeller-Bleckmann fait également office de cible).

Notre allocation reste majoritairement orientée sur les majors pétrolières, le midstream ou les sociétés E&P et de services pétroliers dont les situations financières restent solides et les positionnements sur des niches.

Evolution des prix du Brent de Janvier 2010 à Août 2015

prix du brut

Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en hausse de 11,4% pour le Brent à 50,05 $/b en clôture vendredi et de 12,9% pour le WTI à 45,22 $/b.

Après avoir fortement baissé lundi, les prix ont fortement rebondi jeudi (+10% pour le Brent et +% pour le WTI), reflétant la nervosité des marchés. Le rebond est essentiellement technique après que les prix aient touché leur point bas de l’année lundi, porté par un courant de rachats de positions à découvert encouragés par des raids aériens au Yémen et la crainte que la tempête Erika ne se dirige vers les installations pétrolières du Golfe du Mexique. Les prix ont également été dopés par le rebond boursier et une croissance vigoureuse aux Etats-Unis. Ils demeurent néanmoins en retrait de 50% par rapport à leurs niveaux d’il y a an, dans un contexte d’offre surabondante et d’interrogations sur la demande face au ralentissement chinois.

 

FCP Turgot Pure Energy depuis la création

TPE

> Les 10 premières positions du fonds au 28/08/2015

top 10 positions

> Les principales contributions positives de la semaine
Cameron International (+49,0%), Canadian Energy Services (+16,9%), Raging River Exploration (+13,8%).

>Les principales contributions négatives de la semaine
Cabot Oil & Gas (-3,7%), Rice Energy (-1,9%), Repsol (-1,8%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 98,97% (vs 96,22% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 68,1% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (49,1%) et le dollar canadien (19,0%).