Le secteur pétrolier toujours boudé par les marchés dans un contexte incertain sur les prix

le 16 juin 2015

Les marchés restent fébriles face au feuilleton grec et aux mouvements sur les taux d’intérêt et les devises. Du côté du dossier grec, qui est au cœur des préoccupations du marché actuellement, autant il y a quatre mois, on pouvait croire que les décideurs y mettaient du leur pour trouver un compromis, autant aujourd’hui, on ne sait plus où nous en sommes.

Reprenons la chronologie des événements de la semaine passée pour illustrer la situation :
> mercredi 10 juin : un article Bloomberg s’appuie sur 2 sources pour avancer que l’Allemagne est prête à faire un compromis.
> jeudi 11 juin : le FMI plie ses bagages après des discussions infructueuses avec la Grèce à Bruxelles.
> vendredi 12 juin : le Bild indique que l’Allemagne se prépare à un défaut de la Grèce et que l’Europe a donné un ultimatum de 24h à la Grèce pour fournir de nouvelles propositions.
> vendredi 12 bis : la presse parle d’un RV entre Tsipras et Poutine programmé pour le 18 juin à St Petersbourg, de quoi faire trembler l’Occident, qui fantasme sur les pires scénarios.

Prenons un peu de hauteur, le cumul des 2 plans de sauvetage de la Grèce s’élève à 240 Md€. La Grèce en ayant déjà reçu 233 Md€, la « Troïka », oups pardon… les « Institutions » doivent encore verser 7,2 Md€ sous condition que la Grèce montre patte blanche.

La question que l’on se pose à ce stade, c’est : si la Grèce n’a pas pu rembourser une échéance de 300 M€ au FMI le 6 juin dernier, comment fera-t-elle pour rembourser 240 Md€ ? Pour donner un ordre de grandeur, cette aide de 240 milliards équivaut à 4 mois de Q€ de la BCE. D’ici à ce que d’inventifs conseillers proposent de rallonger le Q€ de quelques semaines… De toute façon, le pays est à genou, le chômage est au firmament, la population est démoralisée, aucun projet n’avance et on voudrait infliger plus d’austérité ? Bref, l’intimidation et la mauvaise foi restent de mise de part et d’autre. Mais les issues possibles se raréfient, un « write-off » important sur la dette grecque pour leur donner de l’air, un impôt européen pour les aider (mais êtes-vous prêts à accepter une telle proposition ?), une sortie de la zone et un retour au Drachme pour leur permettre de dévaluer (et accessoirement de ne pas rembourser les aides). La saga continue, ne manquez pas le prochain épisode, toutes les séries se terminent un jour….Et pendant ce temps, les marchés vont probablement continuer de jouer au yoyo.

Le secteur énergie a encore sous performé les marchés sur la semaine, toujours boudé par les investisseurs en raison du manque de visibilité sur les prix du pétrole. Nous continuons de penser que les prix vont rester orientés à la baisse à court terme compte tenu de la persistance d’une offre abondante et de la volonté affichée de l’OPEP de peser sur les prix dans une stratégie de gain de parts de marché. Nous considérons néanmoins que les prix du pétrole seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Nous avons tout de même réduit notre exposition aux sociétés les plus sensibles aux prix du pétrole, à savoir les sociétés E&P et les services pétroliers afin de protéger le portefeuille d’une baisse trop violente dans un contexte de correction sur les prix à court terme.

Evolution des prix du Brent ($/b) de janvier 2010 à juin 2015

Evolution des prix du Brent ($/b) de janvier 2010 à juin 2015


Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en hausse de 1% pour le Brent à 64 $/b en moyenne et de 0,7% pour le WTI à 60,07 $/b en moyenne.

Les prix du pétrole progressent sur la semaine grâce à l’affaiblissement du dollar et à des prévisions de demande revues en hausse par l’AIE. En effet, dans son rapport mensuel de juin, l’AIE prévoit une demande de 94 Mb/j en 2015, ce qui représente une hausse de 1,4 Mb/j yoy et +0,3 Mb/j par rapport aux prévisions de mai.

De son côté, l’OPEP a déclaré, dans son dernier rapport, que l’excédent d’offre sur le marché devrait s’estomper au cours des prochains trimestres, ajoutant s’attendre à une baisse de l’offre hors-OPEP dans la seconde moitié de 2015. Sur l’année, la production des pays hors-OPEP devrait toutefois augmenter de 680 000b/j. La production totale de brut et de produits pétroliers des Etats-Unis devrait atteindre 13,6 Mb/j au T2 2015, avant de descendre à 13,54 Mb/j à la fin de l’année, précise le rapport.

L’OPEP a souligné que sa stratégie de statu quo portait ses fruits, les cours du pétrole ayant rebondi de plus d’un tiers depuis le creux de 45 dollars touché en janvier. Les productions record provenant de l’Arabie Saoudite, de l’Irak et des Emirats-Arabes-Unis expliquent les dépassements réguliers du quota de productions de 30Mb/j.

Un message de rééquilibrage du marché par baisse de l’offre non OPEP et hausse de la demande martelé mais toujours à vérifier. En effet, tant que la production non-OPEP ne diminue pas et que le Cartel ne respecte pas ses plafonds, les fondamentaux du marché resteront fragiles.

Moins surveillée, mais pourtant importante au niveau des marchés mondiaux (le poids de la production du Canada est de 6,4%), la production à long terme du Canada a été révisée en baisse. En effet, l’Association des producteurs canadiens (Capp) prévoit que la production du pays atteigne 5,3 Mb/j d’ici 2030, contre 6,4 Mb/j prévus l’année dernière. Cette diminution est justifiée par « la forte baisse des prix du pétrole au cours de l’année passée ». La plupart des gains de production du pays proviennent des sables bitumineux de la province de l’Alberta. Sur 2015 et 2016, les prévisions de production sont similaires à celles de l’année dernière, à respectivement, à 3,89 Mb/j en 2015 (+151 000b/j yoy), et 4 Mb/j en 2016. Ces réductions de production vont dans le sens d’un rééquilibrage du marché par l’ajustement de l’offre non-OPEP.


FCP Turgot Pure Energy depuis la création

graph TPE

> Les 10 premières positions du fonds au 12/06/2015

premières positions

 

> Les principales contributions positives de la semaine
GTT (+11,2%), Noble Energy (+2,5%), Schoeller-Bleckmann (+1,8%).

>Les principales contributions négatives de la semaine
McPhy Energy (-7,6%), Chicago Bridge & Iron (-6,1%), SapuraKencana (-5,4%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 91,66% (vs 91,01% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 54,7% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (34,6%), le dollar canadien (9,2%), la couronne norvégienne (3,9%), la livre sterling (2,4%), le ringgit (2,4%) et le dollar de Hong-Kong (2,2%).