Les constats de l’EIA ont dominé les analyses sur les marchés

le 20 April 2015

Découvrez les actualités qui ont marqué le secteur de l’énergie la semaine du 13 au 17 avril 2015.

 

Bloomberg rapporte les propos de Mohammed Al-Rumhy, ministre du pétrole d’Oman, qui a déclaré lundi lors d’une conférence à Muscat que l’OPEP faisait erreur en cherchant à préserver ses parts de marché, au lieu de couper la production afin de pousser les prix à la hausse. Le ministre Omani a également déclaré que les membres de l’OPEP devraient rencontrer les producteurs de brut hors OPEP afin de discuter de l’éventualité de couper la production. Bijan Namdar Zanganeh, ministre du pétrole iranien, a pour sa part déclaré mardi que l’OPEP devrait réduire son objectif de production « d’au moins 5% », ce qui reviendrait à une baisse de production d’1.5Mb/j par rapport à l’objectif actuel (30Mb/j). Samir Kamal, représentant de la Libye pour l’OPEP, avait demandé une coupe de 800 000b/j la semaine dernière. Oman, qui n’est pas membre de l’OPEP s’était associé en 1999 aux réductions de production de l’organisation (ainsi que le Mexique et la Norvège).

Peine perdue. L’OPEP a maintenu jeudi 16 avril sa prévision de demande mondiale de brut en 2015, notant« une surabondance croissante » de l’offre sur le marché. Contrairement à l’AIE, l’OPEP n’entrevoit pas d’accélération de la demande de brut cette année et maintient sa prévision à 92.5Mb/j, soit 1.17Mb/j de plus qu’en 2014. Le surplus a bondi à 2.54Mb/j T1 2015, alors que la production de pétrole de schiste a continué de croître en Amérique du Nord et que l’OPEP a à nouveau dépassé ses propres quotas, à 30.32Mb/j, et même 30.79Mb/j en mars, selon son rapport mensuel. En 2014, le surplus mondial s’était élevé à 1.11 Mb/j. Malgré des prix toujours bas, le cartel estime que la production non-OPEP devrait continuer à croître cette année, de 0.68Mb/j, un chiffre légèrement révisé à la baisse (- 0.165Mb/j) en prévision d’un tassement de la production en Amérique du Nord. Pour la Russie, malgré une production de 10.71Mb/j en mars, « les perspectives pour les prochains mois sont incertaines », note l’OPEP. L’organisation, qui a maintenu son plafond de production à 30Mb/j malgré la chute des prix du brut, estime que la demande moyenne adressée au cartel devrait avoisiner les 29.3 Mb/j cette année.

Productions en hausse, stocks en baisse
Dans le même temps, Reuters reprend les prévisions de l’EIA dans son dernier rapport. L’agence a revu à la hausse ses prévisions de production américaine à horizon 2020. La production US en 2020 est ainsi attendue à 10.6Mb/j, soit un 1Mb/j que les prévisions de l’année dernière. L’EIA prévoit ensuite que la production baisse pour atteindre 9.4Mb/j en 2040, 26% de plus que prévus dans les prévisions de l’année dernière. L’EIA prévoit que les prix du pétrole atteignent 56$/b en moyenne en 2015, puis augmentent pour atteindre 91$/b en 2025, soit 10$/b/j de moins que prévus il y a un an. Cette augmentation des de la production américaine résulte surtout de l’augmentation de la production onshore, en particulier des formations schiste. Le rapport diminue en revanche ses prévisions de consommation de gaz en 2025 et 2040 par rapport à l’année dernière, avec une consommation 2025 attendue en baisse, alors que celle de liquides et de pétrole devrait augmenter.

Il faut noter que selon l’EIA, les stocks ont augmenté de 1.29Mb aux Etats-Unis, pour atteindre 483.69Mb (+0.16%) la semaine dernière. Le consensus s’attendait à une hausse de 4.1Mb, d’après les données compilées par Reuters. Il s’agit de la plus petite augmentation depuis la semaine qui s’est terminée le 2 janvier dernier. Les stocks sont à un niveau record pour la 14ème semaine consécutive. Les stocks à Cushing ont augmenté de 1.28Mb. Les prix du brut ont progressés de 4.9% sur la nouvelle

En parallèle, Reuters rapporte les propos de Fatih Birol, chef économiste de l’AIE lors d’une interview. Selon lui, la croissance de la production pétrolière iranienne pourrait se renforcer significativement à horizon 3-5 ans si les sanctions sont levées en juin prochain. Ce décalage entre levée des sanctions et retour de la croissance de production est dû au fait que les champs iraniens géants n’ont pas été maintenues dans les meilleures conditions à cause des sanctions. L’AIE prévoit une baisse des 20% des investissements de compagnies pétrolières internationales aux Etats-Unis, au Canada, et au Brésil en 2015 par rapport à 2014. Ces niveaux de coupes dans les investissements sont inédits, même lors de crises financières, selon Fatih Birol, qui ajoute que le ralentissement de la production, et une forte croissance de la demande pourraient bien hausser les prix du pétrole dans le futur. Enfin, La diminution des investissements pourrait avoir un effet sur le niveau de production de pétrole américain en 2016, a déclaré M. Birol.