Les objets connectés : comment se positionnent les PME françaises?

le 17 July 2014

Tous les ans en janvier se déroule a las vegas le Consumer Electronics Show (CES), le plus important salon au monde consacré à l’électronique grand public. L’Année 2014 a clairement été une année placée sous le signe de l’internet des objets.

Alors que la compétitivité des entreprises fait plus que jamais déjà débat , quelles sont les entreprises françaises positionnées sur le segment des objets connectes ? Quelles sont celles qui tirent leur épingle du jeu face à la concurrence mondiale ?

QU’EST-CE QU’UN OBJET CONNECTE ?

L’Internet Of Things (IOT) ou l’Internet Des Objets (IDO) est « un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d’identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s’y rattachant ». En d’autres termes, les objets connectés regroupent l’ensemble des objets électroniques sans fil permettant de partager des informations avec d’autres appareils.

Quatre éléments sont nécessaires au fonctionnement d’un objet connecté : un capteur, un microprocesseur, une batterie et la connectivité (pour transférer les informations). Aujourd’hui, ces objets sont présents dans de nombreux domaines comme l’automobile, la santé, l’énergie ou encore la domotique. Ainsi, il est désormais possible de monitorer votre sommeil grâce à votre Iphone ou encore dialoguer avec son électroménager.

LES ENTREPRISES FRANCAISES SONT ELLES PRESENTES SUR CE SEGMENT DE MARCHE? COMMENT SE POSITIONNENT-ELLES ?

Si les géants tels que Samsung, LG ou bien évidemment Apple développent et commercialisent depuis plusieurs années des objets connectés, de nombreuses entreprises françaises , souvent de petites et moyennes entreprises développent également des objets ou  applications pour faire communiquer les choses entre elles. Et cette tendance devrait continuer: en effet, les objets connectés ont été désignés comme l’une des 34 priorités de la nouvelle France industrielle par le gouvernement. Il faut dire que le marché est en plein boom: selon Cisco, 50 milliards d’objets connectés seront utilisés en 2020 pour un marché de centaines de milliards d’euros! En ce début de quinzaine de Roland Garros, citons l’exemple de la société lyonnaise Babolat, qui a mis au point une raquette connectée qui permet de collecter des informations détaillées telles que la puissance de frappe ou encore l’effet que le joueur met dans la balle. L’application téléchargée sur tablette, ordinateur ou téléphone mobile incite également à partager ses exploits sportifs et de les comparer avec les autres « gamers », à la manière d’un jeu vidéo.

PEUT-ON JOUER LA THEMATIQUE DES OBJETS CONNECTES EN BOURSE ?

Pionnier dans les nouvelles technologies, la société française Parrot a lancé depuis plusieurs mois de nouveaux objets connectés comme le Flower Power, capteur intelligent pour plante qui permet de collecter des informations sur la luminosité, la température, l’humidité ou encore les engrais présents dans la plante et de les transmettre à une application Iphone via la technologie Bluetooth. L’entreprise s’est également positionnée il y a un peu plus d’un an sur le marché du drone, et commercialise depuis des véritables objets volants connectés par Wifi disposant de caméra embarquée. Gadgets High Tech pour les particuliers, les drones à usage professionnel ont également trouvé leur public dans le domaine agricole par exemple avec, drone dédié au suivi cartographique des cultures, développé avec la société Airinov. Citons enfin la société Awox, récemment introduite en Bourse, qui propose un système de lampe LED connectée disposant d’un haut parleur intégré et qui permet de contrôler la musique diffusée via son smartphone ou sa tablette (connexion Bluetooth ou Wifi).

Mais il n’y pas que les entreprises de High Tech qui se sont positionnées sur le segment porteur des objets connectés. D’autres sociétés, plus généralistes se sont mises à commercialiser des produits innovants et connectés. Tel est le cas du groupe SEB, spécialisé dans petit équipement domestique, qui a présenté en janvier dernier une version connectée de sa fameuse cocotte minute, la NutriCook Connect, qui a notamment pour but d’optimiser la cuisson des aliments grâce à une application dédiée. Cette cocotte minute intelligente a ainsi la capacité de contrôler la source de chaleur ainsi que la pression afin de terminer la recette au moment où l’on décide de passer à table.

Par ailleurs, jouer la thématique des objets connectés en bourse ne signifie pas seulement investir sur les sociétés qui proposent ces fameux objets. C’est également parier sur les entreprises qui permettent aux objets de communiquer entre eux. En effet la multiplication des objets connectés fait naître de nouvelles contraintes pour l’infrastructure des réseaux mais représente également de véritables relais de croissance pour les entreprises spécialisées telle que Cisco ou Alcatel-Lucent.

L’internet des objets a également un impact positif sur le développement économique des villes, puisqu’il permet de construire des bâtiments et des infrastructures intelligentes. Désormais, les sociétés du bâtiments comme Bouygues ou Vinci construisent des immeubles connectés capables de communiquer sur la consommation des ces bâtiments. Soulignons également l’intérêt de l’internet des objets dans l’efficience énergétique. Le réseau électrique, en devenant intelligent, va permettre de lisser et même réduire la consommation. C’est dans cette optique qu’EDF a lancé Linky, le nouveau compteur d’ERDF doté d’un système d’information qui va permettre de réaliser le relevé de compteur, le changement de puissance ou encore la mise en service à distance. Citons enfin Thalès, qui a développé un système de surveillance connectée qui permet de lutter de manière beaucoup plus efficace contre la criminalité dans les villes (meilleure communication entre les centre de surveillance et les autorités compétentes, reconnaissance faciale …).

Marion Casal – Gérante Small&Midcaps France