Les prix du pétrole soutenus par les bombardements en Syrie et le repli du dollar

le 6 October 2015

Les marchés sont restés agités et préoccupés par le manque de visibilité sur les actions des banques centrales, le ralentissement de la croissance en Chine et des chiffres de l’emploi inférieurs aux attentes aux Etats-Unis pour le mois de septembre. Dans ce contexte, les marchés ont évolué en ordre dispersé. La plus forte baisse revient à la zone Asie-Pacifique tandis que les émergents affichent la plus forte hausse à la faveur du regain d’espoir suscité par la Chine (annonce de relances).

Les marchés sont restés hésitants et volatiles sur la semaine. En Europe, l’EuroStoxx recule de 0,8%. Les investisseurs s’inquiétant de l’éventuelle disparition ou de l’absence d’un certain nombre de moteurs de la croissance et de la progression des profits dans la zone euro : fin du soutien de la croissance par la baisse du prix du pétrole et par la dépréciation de l’euro, faiblesse de l’investissement des entreprises en Allemagne et en France, faiblesse du commerce mondial, …. Dans ce pessimisme ambiant, les investisseurs mettent de côté les évolutions favorables : début de reprise du crédit, de l’immobilier résidentiel, investissement des entreprises fort en Espagne et en redressement en Italie, perspective de reprise de l’emploi. Au final, nous pensons que la robustesse de la reprise domestique est sous-estimée par les investisseurs et que le potentiel de revalorisation du marché européen est toujours présent.

Aux Etats-Unis, les marchés ont repris une tendance haussière sur la fin de la semaine sur l’idée que la hausse des taux serait repoussée à 2016 compte tenu de l’incertitude sur l’évolution de la macroéconomie globale. Cette idée a été renforcée par la publication de chiffres de l’emploi décevants pour le mois de septembre (création de 142 000 emplois contre 201 000 attendu).

Du côté de l’énergie, les prix du pétrole bénéficient du repli du dollar et d’un regain de tension géopolitique avec les opérations militaires russes en Syrie. Le secteur énergie est ainsi en hausse sur la semaine et surperforme les marchés actions généralistes, toujours, selon nous, en raison de l’amélioration du sentiment sur l’orientation des prix s’expliquant par l’ajustement en cours de l’offre qui résulte des pressions auxquels sont confrontés les producteurs de pétrole compte tenu de la faiblesse des prix.

Nous continuons néanmoins de penser que les prix vont rester sous pression à court terme compte tenu de la persistance d’une offre abondante, de la fragilité des marchés financiers et de la volonté affichée de l’OPEP de peser sur les prix dans une stratégie de gain de parts de marché. Nous considérons néanmoins que les prix du pétrole seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le rebond des prix devrait cependant être lent et progressif.

Notre allocation reste majoritairement orientée sur les majors pétrolières, le midstream ou les sociétés E&P et de services pétroliers dont les situations financières restent solides et les positionnements sur des niches.

 

Evolution des prix du Brent de Janvier 2010 à Octobre 2015

Brent

Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en hausse de 0,3% pour le Brent à 47,35 $/b en clôture vendredi et de 0,1% pour le WTI à 45,64 $/b.

Les prix du pétrole sont en légère hausse sur la semaine, portés par les combats en Syrie et des statistiques illustrant la poursuite de la baisse de l’activité de forage aux Etats-Unis.

Les prix du WTI sont néanmoins moins bien orientés que le Brent en raison de la hausse inattendue des stocks de brut et d’essence aux Etats-Unis. Selon l’EIA (ministère de l’énergie américain), les inventaires de brut sont en hausse de 4 millions de barils, à 457,9 millions, soit des niveaux qui restent historiquement très élevés pour cette période de l’année. Les taux d’utilisation des raffineries américaines continuent de baisser à 89,8% et les stocks d’essence ont augmenté de 3,3 millions de barils. Les chiffres de la production américaine, en baisse à 9,096 millions b/j, ainsi que la baisse du nombre de foreuses en activité (-4 rigs sur la semaine) n’ont pas suffi à soutenir le cours du WTI.

A plus long terme, les conditions d’un rebond des prix se mettent en place depuis quelques mois. Les coupes drastiques dans les investissements vont avoir pour effet de raréfier l’offre, ce qui fera remonter les cours du pétrole.

 

FCP Turgot Pure Energy depuis la création

TPE

 

 

Les 10 premières positions du fonds au 02/10/2015

Top 10

> Les principales contributions positives de la semaine
Tullow Oil (+12,9%), Apache (+10,5%), Repsol (+9,4%).

>Les principales contributions négatives de la semaine
Rice Energy (-9,7%), Cabot Oil & Gas (-8,8%), Canadian Energy Services (-6,0%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 99,54% (vs 99,55% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 68,9% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (50,3%) et le dollar canadien (18,6%).