Marchés : fin de l’accalmie hivernale, début de la volatilité printanière…

le 2 mai 2016

Le mantra “sell in may and go away”, qui prédit aux investisseurs une forte période de volatilité de mai à octobre, a démarré cette année avec une journée d’avance.

Le pétrole a encore été le métronome des marchés, le brent termine en hausse de 21,54% sur le mois. Les rumeurs d’un possible accord au sommet de Doha à propos d’un gel de la production ont, dans un premier temps, soutenu les cours du brut mais un regain de tension entre l’Arabie saoudite et l’Iran ont mené les négociations dans une impasse. Cette nouvelle a cependant été contrebalancée par la grève du personnel du secteur pétrolier au Koweit :  le cours du brent est remonté à ses plus hauts niveaux depuis décembre et clôture ainsi le mois au-dessus des 48 dollars.

Les banques centrales, après plusieurs mois d’annonces, ont temporisé. La BCE a annoncé des mesures techniques concernant les achats d’obligations d’entreprises (maturité 6mois-30ans, jusqu’à 70% d’une souche, inclusion des titres émis par les compagnies d’assurances). Mario Draghi a réfuté les critiques allemandes en déclarant que la BCE était indépendante et obéissait à la loi, pas aux responsables politiques. La Réserve fédérale a adopté un discours modérément hawkish ouvrant la porte à un relèvement des taux d’intérêt dès le mois de juin. Le statu quo de la Banque du Japon a pris de court nombre d’investisseurs qui tablaient sur une nouvelle série de mesure d’assouplissement. Le yen poursuit son envol par rapport à l’euro et au dollar et sera un des sujets majeurs du prochain sommet du G7.

Le secteur bancaire a été derechef au centre de l’actualité. Le scandale des Panama Papers a, une nouvelle fois, mis en exergue le problème de l’évasion fiscale au niveau mondial. Combiné aux déboires des banques italiennes, les valeurs financières ont souffert en début de mois. Elles se sont toutefois reprises suite aux publications des grandes banques américaines qui ont été accueillies favorablement par les marchés.  La création d’un fonds de soutien en Italie, Atlante, qui aidera à recapitaliser les banques en difficulté et à alléger leurs bilans des créances douteuses, a également rassuré les investisseurs.

Le mois d’avril a sonné le sursaut des valeurs dites « value ». Les chiffres officiels rassurants du PIB chinois au premier trimestre ont permis aux valeurs les plus cycliques de rebondir (matières premières, banques…). La saison des publications a démarré et les résultats du premier trimestre sont contrastés malgré les faibles attentes des analystes. Les valeurs de croissance en difficulté sur le mois d’avril ont fortement rebondi lors de l’annonce de leurs résultats (Facebook +8%, SEB  +11%…).

La dernière semaine du mois était riche en statistiques macro-économiques. Les chiffres aux Etats-Unis ont déçu : la croissance du PIB américain au premier trimestre, le moral des ménages, les ventes de logements et les commandes de biens durables sont ressortis en dessous des attentes. Ces indicateurs n’ont pas contrebalancé les bons chiffres de l’emploi américain. Les chiffres européens ont été de meilleure facture : le chômage a en effet reculé en mars dans la zone euro à 10,2% et la croissance économique a accéléré au premier trimestre, le PIB progressant de 0,6%. Ces données ont fortement impacté la parité Euro Dollar (1,1451) qui a retrouvé ses niveaux d’octobre soit le plus haut depuis 6 mois. Alors que la majorité des indices européens étaient repassés en territoire positif depuis le début de l’année, la dernière journée de bourse du mois a stoppé net le rebond entamé depuis mi-février. L’euphorie qui régnait depuis deux mois et demi semble terminée.