Marchés obligataires : quand la liquidité s’assèche

le 22 April 2015

Quels sont les facteurs qui pèsent sur les liquidités des marchés obligataires européens malgré les achats de la BCE ? La réponse de Turgot Asset Management

 

La situation à mi-avril sur le marché du crédit rappelle aux gérants le souvenir, tout frais, de la mi-mars. Les intervenants s’étaient alors trouvés dans la situation pénible où, d’une part, les banques (market makers) s’étaient retirées du marché à l’approche de leur clôture trimestrielle, et où, d’autre part, les entreprises continuaient à émettre massivement de nouvelles obligations… La semaine dernière, les taux souverains périphériques se sont significativement tendus par un effet de contagion de la Grèce, dont l’obligation 3 ans s’inscrit à 28% ! Dans un mouvement inverse de “fuite vers la qualité”, vendredi en séance, le taux 10 ans allemand (bund) est descendu jusqu’à 0,05% pour inscrire un nouveau point bas historique. Si les achats de la BCE vont bon train, puisque le rythme mensuel est de 71 milliards € contre un objectif à 60 milliards, les obligations allemandes demeurent, et ont vocation à demeurer, une des cibles principales de ces achats.

A ce contexte de contagion de la crise grecque, s’ajoutent des émissions importantes italiennes et espagnoles la semaine passée qui ont pesé, ainsi qu’une panne générale Bloomberg vendredi matin pour clore la semaine en beauté. Quant à d’éventuelles complications politiques : des rumeurs d’élections anticipées en Grèce ne sont pas pour rassurer les marchés, la Finlande a accordé au parti euro-sceptique la 2e place lors du scrutin du week-end dernier. En Espagne, ce n’est qu’en novembre que Podemos aura une chance de percer dans les urnes.