Pétrole : faute d’accord entre pays producteurs, la guerre des prix continue

le 21 September 2015

Le marché a attendu la décision de la Fed toute la semaine et s’est montré déçu par le choix d’absence de remontée des taux. Cette décision prend en compte les conséquences encore incertaines du ralentissement de l’économie chinoise, la situation de l’emploi et l’évolution de l’inflation aux Etats-Unis. On a beaucoup commenté et attendu la FED, mais les investisseurs étaient surtout focalisés sur la Chine, le Brésil et la Russie. Ainsi, les émergents et la politique monétaire américaine ont tellement retenu l’attention que l’on en aurait presque oublié la Grèce et les élections du nouveau parlement ce dimanche.

En Europe, la décision de la Fed aura eu des effets négatifs, l’EuroStoxx finit la semaine en recul de 0,96%. Aux Etats-Unis, les marchés sont quasiment stables sur la semaine dans un climat d’attentisme néanmoins marqué avant l’annonce de la Fed. Les ventes au détail et l’évolution de la production industrielle ont été dans l’ensemble en ligne avec les attentes du mois d’août et ont toutes été révisées à la hausse par rapport aux chiffres de juillet. L’indice des prix à la consommation hors énergie et alimentation ressort à 1,8% au cours du mois dernier. La décision de la Fed de ne pas remonter les taux est venue impacter en premier lieu les valeurs financières.

Du côté de l’énergie, le secteur est en hausse sur la semaine et surperforme donc les marchés actions généralistes, probablement en raison d’une amélioration du sentiment sur l’orientation des prix s’expliquant par l’ajustement en cours de l’offre qui résulte des pressions auxquels sont confrontés les producteurs de pétrole, en particulier les producteurs de schiste aux Etats-Unis du fait de la faiblesse des prix.

Nous continuons néanmoins de penser que les prix vont rester sous pression à court terme compte tenu de la persistance d’une offre abondante, de la fragilité des marchés financiers et de la volonté affichée de l’OPEP de peser sur les prix dans une stratégie de gain de parts de marché. Nous considérons néanmoins que les prix du pétrole seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le rebond des prix devrait cependant être lent et progressif.
Notre allocation reste majoritairement orientée sur les majors pétrolières, le midstream ou les sociétés E&P et de services pétroliers dont les situations financières restent solides et les positionnements sur des niches.

Evolution des prix du Brent de janvier 2010 à Septembre 2015

prix du brut

Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en recul de 1,4% pour le Brent à 47,47 $/b en clôture vendredi et de 0,3% pour le WTI à 45,02 $/b.

La volatilité des prix du pétrole reste élevée. Le Brent termine la semaine à 47,47 $/b (-1,4%) et le WTI à 45,02 $/b (-0,3%). Le spread Brent-WTI ne cesse de se resserrer en raison des discussions concernant la levée de l’interdiction d’exporter l’or noir américain. En effet, le groupe de Républicains de la chambre des représentants a planifié le vote de la fin de cette interdiction dans les prochaines semaines, alors que l’administration Obama s’oppose à ce projet de loi.

Du côté de l’offre aux Etats-Unis, les signes de ralentissement sont toujours là. L’activité de forage continue de baisser (10 foreuses ont été retirées cette semaine) et la production recule de 18 000 b/j cette semaine pour s’élever à 9,1Mb/j, soit en recul d’environ 500 000 b/j depuis le point haut de juin 2015. Les inventaires de brut américain ont également baissé de -2.1Mb selon l’EIA mais reste sur des niveaux élevés comparativement à leurs moyennes historiques, alors que l’activité des raffineries est repartie à la hausse, soutenue par la demande en essence.

Alors que des propositions d’ajustement se font de plus en plus entendre au sein des pays de l’OPEP les plus affectés par la faiblesse des prix (Iran, Venezuela en particulier), aucune annonce du cartel n’a pourtant plaidé en faveur de mesures de soutien des prix. La Russie a par exemple rappelé que « toute réduction artificielle n’apporterait rien de bon et ne ferait qu’exacerber la situation dans le futur ». Le Koweït a précisé que l’OPEP allait « continuer de privilégier la défense de ses parts de marchés plutôt que les prix » et ajouté que « le marché s’équilibrerait avec le temps ». Et selon l’OPEP, le prix du Brent ne pourrait pas monter de plus de 5 $ par an pour retrouver les niveaux de 80 $/b à un horizon 2020. Bien que prudent, ce scénario est néanmoins plus optimiste que celui de Goldman Sachs qui prévoit un prix du pétrole à 20$ (en raison de la faible demande et du surplus d’offre) très prochainement.

 

FCP Turgot Pure Energy depuis la création

TPE

 

Les 10 premières positions du fonds au 18/09/2015

Top 10

> Les principales contributions positives de la semaine
Spartan Energy (+12,4%), Canadian Energy Services (+7,4%), Torc Oil & Gas (+6,9%).

>Les principales contributions négatives de la semaine
Western Gas Partners (-4,8%), Rice Energy (-4,1%), Tesoro (-3,4%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 99,54% (vs 100% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 69% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (49,7%) et le dollar canadien (19,3%).