Que de doutes autour de la remontée des taux américains

le 7 April 2015

Des chiffres américains en demi-teinte laissent filer le consensus vers une hausse tardive des taux. Mais est-ce bien en ligne avec le discours de la Fed ? Notre avis

Les chiffres aux États-Unis déçoivent, avec notamment les chiffres des créations d’emploi nettement en deçà des attentes. En effet, ces dernières s’affichent en mars à 126 000 au lieu des 245 000 prévues. Notons au passage que le secteur de l’énergie, après avoir été le plus gros contributeur aux créations d’emplois pendant de nombreux trimestres, est passé nettement destructeur d’emplois. Cependant le taux de chômage reste stable à 5,5% malgré un taux de participation à 62,7% au plus bas de trente ans. En outre, l’ISM manufacturier ressort en dessous des attentes : 51,5 en mars contre 52,9 en février et 52,5 attendu. Et ce, même si l’ISM des services résiste.

Ces chiffres se répercutent sur les anticipations de résultats des entreprises. Par exemple, pour l’ensemble de l’année 2015, Raymond James attend une progression de 1,7% des bénéfices des entreprises américaines quand elle a été de 5% en 2014. Ces résultats sont là encore plombés par le secteur de l’énergie et les exportateurs touchés par la hausse du dollar.

Dans ce contexte, on observe un glissement des anticipations de hausse de taux ― telles que mesurées par les Fed Fund Futures ― de l’été vers la fin d’année 2015. Ce qui se reflète dans la faiblesse relative du dollar. Pour autant, le discours de la Fed est loin d’être sans équivoque. Fin mars, ce ne sont pas moins de deux membres votants de la Fed, parmi les plus accommodants, qui, dans le sillage des propos de Janet Yellen du 18 mars 2015, mettent l’accent sur une probable remontée des taux dès le mois de juin. Les minutes de cette réunion, qui seront publiées cette semaine, apporteront un éclairage important.