Rendements obligataires : quel rôle les banques centrales doivent-elles jouer dans cette impasse ?

le 17 mai 2016

Dans un contexte où les obligations souveraines offrent des rendements faibles voire négatifs, que peut-on attendre des banques centrales ?

La semaine dernière, nous constations que les banques centrales n’avaient pas encore perdu la confiance des investisseurs. Et ce, malgré leur incapacité à relancer la croissance économique. Reste que le but des politiques monétaires est de relancer le crédit. Et cela, les banques centrales le réussissent plutôt bien

S’il est un exemple à méditer, c’est bien celui du Japon, où après l’éclatement de la bulle immobilière et financière de la fin des années 80, et un enchaînement de plans de relance (grands projets, politique fiscale, politique monétaire, achats d’actifs), l’inflation et la croissance domestiques sont au point mort depuis maintenant 25 ans.

Pour éviter un tel scénario après la crise de 2008, les banques centrales sont devenues acheteurs d’obligations. Et si la Fed américaine est désormais sortie du jeu, dans son bilan elle conserve néanmoins jusqu’à leur maturité les obligations achetées pendant le quantitative easing. Et la Banque du Japon et la BCE ont largement pris la relève.

Les conséquences : 6.000 md $ d’obligations souveraines affichent des taux négatifs. 17.000 md $ offrent un rendement inférieur à 1%. Des caisses de retraite aux compagnies d’assurance, les investisseurs institutionnels ont besoin de rendement. Ils sont donc contraints de se reporter sur des actifs qui plus rémunérateurs…

De l’autre côté, les émetteurs se bousculent au portillon. En 2016, les émissions d’obligations d’entreprises libellées en euro ont atteint 537 milliards d’euro. Aux USA, on en est à 555 Md $. Quant aux Etats, ils émettent également à tour de bras pour profiter de taux au plancher. La semaine dernière l’Espagne a émis à 50 ans. Avant elle, la Belgique et l’Irlande ont émis à 100 ans…

Mais pour créer de l’inflation, le quantitative easing ne suffit pas dans le contexte actuel : surcapacités de production colossales au niveau mondial, réserves de populations inactives, pression systématique des nouvelles technologies sur la productivité…

Tout ça pour dire que les Etats occidentaux en ont encore sous le pied. Ce ne sont ni Mario Draghi, ni Donald Trump, le roi de la dette, qui nous contrediront. La prochaine étape pourrait être la « helicopter money » chère à Ben Bernanke.