Réussir l’exécution d’un passage d’un ordre pour un fonds

le 4 December 2015

L’investissement sur un support OPCVM ne consiste pas uniquement en la recherche d’un support financier correspondant aux critères que l’on a prédéfinis. Une mauvaise exécution opérationnelle peut mettre à mal toute l’analyse et anticipation préalables et entraîner une perte en capital pour l’investisseur. Conseils

 

Rater l’exécution d’un ordre peut arriver, et plus facilement qu’on ne le croit. Les étapes sont nombreuses et demandent une attention de tous les instants après avoir sélectionné un support OPCVM. La première est de choisir le bon code ISIN, l’identifiant unique propre à chaque actif financier. Un fonds peut avoir plusieurs codes ISIN, chacun d’eux correspondant à des caractéristiques différentes pour les parts du fonds en question. Concrètement, les fonds proposent souvent une ou plusieurs parts selon le profil d’investisseur : grand public, investisseur particulier avisé, investisseur institutionnel…

Ensuite, dans le lot des particularités de chacune de ces parts, il y a les droits d’entrée. Un détail loin d’être anodin, ces droits payent les frais de souscription et ne sont pas investis dans le fonds. Ils peuvent varier d’un type de part à un autre. Au-delà des frais d’entrée, il y a la politique de rémunération de la société de gestion, qui se matérialise par des frais de gestion fixes et fréquemment des frais de gestion variables, lorsque le fonds surperforme son indice de référence ou atteint un seuil de déclenchement. Ces frais ont un impact direct sur la performance du fonds, car ils réduisent la performance à restituer. Un conseil : choisissez la part avec le moins de frais possible. Comment ? En consultant le document d’information clé pour l’investisseur (DICI), vous connaîtrez le montant exact des frais prélevés pendant l’année précédente.

Contrôler les frais

Lorsque le choix de la part a été arrêté, il convient de vérifier si la part est référencée auprès du prestataire en service d’investissement par lequel l’opération transitera. Ce référencement n’est pas systématique. Si la part n’est pas dans son référentiel, la passation de l’ordre sera reportée, voire annulée. D’ailleurs, pour l’exécution d’un ordre, il vaut mieux connaître l’heure à laquelle une opération de passage d’ordre est possible, et plus largement, l’ensemble les conditions de règlement/livraison, ce qu’on appelle le cut-off, pour savoir quand payer et recevoir les titres. Si l’ordre dépasse l’heure prévue, il sera reporté sur la prochaine période ouverte aux transactions. Autant dire qu’un mauvais timing peut engendrer une perte en capital importante.

Une fois que l’opération a été exécutée, il faut accepter de prendre le temps de contrôler les frais prélevés sur l’opération afin de s’assurer que l’ordre a été réalisé sur la bonne valeur liquidative du fonds. Enfin, il reste à fixer la bonne période de détention des parts. C’est un facteur parmi les plus importants. En clair, il est fortement conseillé d’investir sur l’horizon de placement recommandé et notifié dans le prospectus du fonds. Les marchés financiers peuvent énormément fluctuer et une sortie précipitée peut entraîner une perte en capital. Illustration : selon une étude du cabinet de consultant Dalbar, en octobre 2008 au plus fort de la crise Lehman Brother, le S&P500 a perdu -16,80 %. Dans le même temps, un investisseur américain lambda a perdu -24,21%. Ce dernier, pris de panique comme la majorité des investisseurs, a vendu ses parts investies en cédant à la panique. Il a raté le rebond de la fin du mois. Bref, sans vigilance, précaution, et sérénité, le placement d’un capital dans un fonds peut coûter plus qu’il ne rapporte.