Tensions sur le Pacifique, statu quo en Europe

le 16 août 2017

Le mois d’août aura connu sa période de stress, la menace nord-coréenne servant de déclencheur. Il est impossible de savoir ce que valent vraiment les missiles balistiques des coréens ; il est donc impossible de se prononcer sur l’impact sur les marchés à ce stade. À l’évidence, des frappes nucléaires réciproques ou des frappes préventives américaines enverraient les investisseurs aux abris.

La semaine dernière, le S&P 500 américain chutait de 1,4%. Sur cette période pourtant, c’est l’Europe qui a le plus souffert (le CAC cède 2,2%) et le secteur bancaire international qui a le plus baissé (-2,7%). Une répercussion logique, car cette zone et ce secteur ont reçu les plus gros flux d’investissement en 2017. Conclusion : quand le marché américain baisse, les investisseurs prennent des bénéfices là où ils en ont. La hausse des marchés européens, jumelée avec une hausse de l’euro de plus de 10% depuis le début de l’année, appelle à des prises de bénéfices.
Partant de ces constatations, nous avons réduit progressivement le risque depuis la fin du mois de juillet :
Pour notre profil prudent, l’exposition aux actions est passée de 16 à 13%.
Pour notre profil équilibré, elle est passée de 47 à 37%.
Pour notre profil dynamique, elle est passée de 78 à 72%.
La duration et le poids des obligations à haut rendement ont également été réduits.
Pour les semaines à venir, nous maintenons ce profil plus défensif, la volatilité au plancher pouvant s’enflammer à tout moment. Nous insistons sur l’importance du dollar. Sa faiblesse alimente les résultats des entreprises du S&P500, exposées pour un tiers de leur activité à l’export. Les valeurs domestiques n’en profitent pas (le Russell 2000 fait du sur-place depuis le début de l’année). Le dollar, comme l’a récemment rappelé la Banque des Règlements Internationaux, est la principale mesure de risque. Si les investisseurs internationaux passent en mode risk-off, ils vendront leurs actifs risqués et achèteront du dollar.
L’absence totale de réaction du dollar la semaine dernière, au plus fort des tensions avec la Corée, nous a incités à la mesure dans les décisions de gestion.
La réunion des banquiers centraux à Jackson Hole à la fin du mois d’août va concentrer l’attention. L’inflation ralentit aux Etats-Unis, alors que dans le même temps, elle progresse en Europe. Quelles sont les marges de manoeuvre de Mario Draghi ? À quel moment les allemands s’opposeront-ils aux politiques monétaires accommodantes ?
Une fois de plus, les marchés sont pendus aux lèvres des banquiers centraux.