Confusion autour du Yémen

le 28 avril 2015

Découvrez les actualités qui ont marquée secteur du pétrole de la semaine du 20 au 24 avril 2015.

 

Les marchés pétroliers ont été tiraillés entre les inquiétudes sur la surabondance de l’offre et la confusion des informations autour du Yémen. En effet, l’Arabie Saoudite annonçait en début de semaine mettre un terme à sa campagne de frappes aériennes au Yémen, et chercher dorénavant une solution politique aux troubles qui touche le pays. Le royaume a précisé que la nouvelle phase de l’opération comprendrait des volets politiques, diplomatiques et militaires, mais se concentrerait sur « le processus politique qui mènerait à un futur stable et sûr au Yémen ». L’Iran, soutien des Houtis, et les Etats-Unis ont tous deux bien accueilli la fin des frappes saoudiennes. Cependant, on apprenait en fin de semaine que des avions de combat de la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen ont frappé des cibles Houthi jeudi. Un porte-parole saoudien a ainsi déclaré que les forces de la coalition continueraient à viser des cibles Houthi tant que ce sera nécessaire.

Au niveau de l’offre, il y a des indicateurs contradictoires. D’un côté, une production saoudienne et des stocks de pétrole US à des niveaux records et de l’autre une baisse de la production américaine et un ralentissement de la croissance de la production à venir au Canada.

Selon le ministre du pétrole saoudien, Ali Al-Naimi,  la production du royaume s’élèverait actuellement autour de 10 Mb/j après avoir produit à un rythme d’environ 10.3Mb/j en mars. L’OPEP a déclaré dernièrement que la production de ses membres avait atteint 30,79 Mb/j en mars, soit en hausse de 810 000b/j par rapport au mois précédent. Sur le ralentissement de la croissance chinoise, M. Naimi a déclaré ne pas avoir ressenti de changement dans la demande du pays, précisant que le niveau des volumes livrés à la Chine restaient les mêmes depuis quelques temps, à environ 1 Mb/j. M. Naimi prévoit cependant une croissance de la demande en Asie. Enfin, le ministre saoudien a déclaré que la position du royaume lors de la réunion du 5 juin restait à déterminer, ajoutant qu’il faudrait examiner les données, et ensuite décider quoi faire. Notons, que le ministre du pétrole vénézuélien a mené une délégation afin de rencontrer des officiels saoudiens du ministère du pétrole mardi, après s’être déjà rendu en Iran. Une source de l’industrie a indiqué à Reuters que le ministre rencontrera le prince Abdelaziz. L’agence de presse iranienne INRA avait indiqué auparavant que la délégation vénézuélienne avait rencontré le ministre du pétrole iranien afin de parler des perspectives d’augmentation de l’offre du pays. Les visites interviennent alors que le Venezuela est l’un des pays exportateurs de pétrole qui souffre le plus de la baisse des prix du pétrole. En janvier, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait déjà échoué à assouplir la position de l’OPEP sur son objectif de production. Le deuxième élément pesant sur les prix du côté de l’offre se situe du côté des stocks américains qui ont à nouveau atteint un record historique.

Selon l’EIA, les stocks de pétrole aux Etats-Unis ont augmenté de 5,3 Mb la semaine dernière, pour atteindre 489Mb (+1%). Le consensus tablait sur une augmentation de 3,2 Mb. Les stocks ont augmenté de 789 000b à Cushing, et atteignent près de 80% de la capacité du site. En revanche, la production américaine a décliné de 18 000b/j, soit une baisse de 0,19% sur la semaine. Des informations contradictoires. Les prix du Brent ont terminé en hausse de 1% (soutenus aussi par la poursuite des frappes au Yémen) et les prix du WTI en baisse de 1%.

L’autre élément en faveur d’un ajustement en cours de l’offre provient du Canada. Selon, les conclusions du Canadian Energy Research Institute (CERI), la croissance de la production canadienne ralentira l’année prochaine, pour atteindre +17 000b/j, contre une croissance de +41 000b/j cette année. La ralentissement de la croissance de production retarde de deux ans le besoin du Canada pour un des 4 pipelines d’exportations prévus, d’après le président du CERI. 4 projets de pipelines, dont Energy East et Keystone XL, sont en effet pour l’instant bloqués par des points légaux ou réglementaires. Le CERI prévoit une inflexion de la croissance de la production du Canada en 2017, à +126 000b/j, puis +167 000b/j en 2018. Cette réduction de la croissance est liée à l’impact du ralentissement des développements de schistes et d’oil sands, touchés par la chute des prix du pétrole.