La baisse du prix du baril de pétrole impacte déjà les dépenses d’investissement

le 25 novembre 2014

Sur la semaine du 17 au 21 novembre 2014, les prix du Brent (échéance 1 mois) ont reculé de 2,6% à 78,07 $/b en moyenne. Les prix du WTI s’inscrivent en baisse de 1,5% à 75,38 $/b en moyenne. Les prix ont poursuivi leur tendance baissière avec un Brent qui se situe maintenant autour de 78 $/b.

 

La semaine a montré un certain cafouillage au niveau de l’OPEP qui a multiplié les annonces contradictoires. D’un côté, l’Equateur a annoncé qu’un certain nombre de pays parmi lesquels figurent le Venezuela, l’Iran et le Qatar ainsi que des pays non membres de l’OPEP (Mexique et Russie) étaient prêts à agir en coupant leur production afin de faire remonter les prix. De l’autre côté, l’Iran a réfuté cette possibilité, annonçant qu’il ne couperait pas un seul baril. Il est bien difficile de prédire ce que l’OPEP décidera le 27 novembre. Mais dans l’intervalle, on pourra relever que la baisse des cours a commencé à avoir des effets sur les dépenses d’investissement des compagnies pétrolières et en particulier du côté des Etats-Unis.

Soupçons sur le pétrole de schiste
Après Cabot, Concho et Antero, c’est au tour d’Apache d’annoncer une baisse importante de son budget d’investissement pour 2015 : 4 Md$ au lieu des 5 initialement prévus. Ce moindre investissement aux Etats-Unis se traduira à un moment par un ralentissement de la croissance effrénée de leur production domestique (+1 million de barils/jour tous les ans depuis 4 ans). Mais pour que cela se produise, il ne faudrait pas que les cours remontent trop vite.

En effet, si l’on se réfère à ce qu’il s’était passé sur le gaz de schiste aux Etats-Unis, il aura fallu attendre deux ans après la baisse des prix pour voir la production de gaz reculer. Nous soupçonnons de voir la même chose se produire pour le pétrole de schiste dans la mesure où les investissements déjà réalisés vont continuer d’alimenter la croissance de la production pour au moins les dix-huit prochains mois, notamment si l’on se réfère aux annonces de guidance de production des sociétés.

Pour l’OPEP, il ne serait donc pas judicieux de couper agressivement à la fin du mois. Rappelons que la production de l’OPEP en octobre s’est élevée à 30,6 Mb/j, soit 600 000 b/j au-dessus du quota officiel. Il y a donc déjà de la place pour réduire la production afin d’au minimum se conformer au quota actuel.

 

>> Lire la Lettre hebdo Turgot Pure Energy n°37 du lundi 24 novembre 2014