La remontée du dollar entraîne le pétrole à la baisse

le 2 juin 2015

Les marchés européens et américains ont terminé la semaine en baisse, en particulier pour l’Europe, où l’actualité politique a continué de rythmer les séances.

 

Entre la percée de Podemos et le chaud et le froid sur le dossier grec, les marchés européens se sont repliés de 1,5% à 3,0% entre lundi et mardi. Mais la rumeur mercredi d’un accord imminent entre Athènes et ses créanciers les a immédiatement fait repartir d’environ +1,5%. Cette rumeur ayant toutefois été démentie dans la soirée, le soufflé est retombé par la suite et l’EuroStoxx a clôturé en recul de 2,19% vendredi. Aux Etats-Unis, les déclarations de Yellen selon lesquelles la Fed pourrait remonter ses taux d’intérêts avant la fin d’année, ont relancé le dollar à la hausse et les matières premières, dont le pétrole, à la baisse. En revanche, l’effet a été assez peu marqué sur les actions, car, dans le même temps, les taux américains se sont légèrement détendus, compte tenu de la baisse des anticipations d’inflation (pétrole, dollar, etc.).

Sur les prochains jours, la réunion de l’OPEP le 5 juin et le dossier grec devraient dominer l’actualité. Dans le premier cas, on s’attend à ce que le cartel maintienne ses quotas, ce qui devrait tempérer les prix du pétrole. Au sujet de la Grèce, les choses sont plus floues et nous avons peu de visibilité sur le timing d’un accord. Les incertitudes autour du dossier grec devraient maintenir la volatilité sur les marchés.

Le secteur de l’énergie corrige sur la semaine, en ligne avec les marchés et le recul des prix du pétrole. Nous continuons de penser que les prix vont être sous pression à court terme après un rebond significatif depuis les points bas de janvier et compte tenu de la persistance d’une offre abondante. Nous considérons néanmoins que les prix du pétrole seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Nous avons tout de même réduit notre exposition aux sociétés les plus sensibles aux prix du pétrole, à savoir les sociétés E&P et les services pétroliers afin de protéger le portefeuille d’une baisse trop violente dans un contexte de correction sur les prix à court terme.

 

Evolution des prix du Brent ($/b) sur la période Janvier 2010-Mai2015

Evolution des prix du Brent ($/b) sur la période Janvier 2010-Mai2015

 

Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en recul de 5,1% à 61 $/b. Les prix du WTI affichent une hausse de 1,0% à 60,3 $/b au 29/05 contre 59,72 $/b au 22/05.

La remontée du dollar a eu pour effet d’entraîner les matières premières la baisse, pétrole y compris. Mais la devise américaine n’explique pas à elle seule le recul des prix.

Parmi les éléments qui pèsent sur les cours actuellement, on peut citer :
1/ la stabilisation du nombre de rigs de forage aux Etats-Unis. En effet, la semaine dernière 3 rigs seulement ont été retirés du marché contre 950 depuis le début de l’année. Il se pourrait même que leur nombre progresse à nouveau sur les prochaines semaines car certaines sociétés E&P (Cenovus Energy, Marathon Oil, Hess, Whiting Petroleum…) ont ré-initié leurs couvertures et face à la réduction de leurs coûts opérationnels, un prix du WTI autour de 60$/b pourrait être suffisant pour relancer des investissements sur certains puits.

2/ la stabilisation de la production américaine. Après deux semaines de recul (une semaine à –5000 b/j et l’autre à -112 000 b/j), la dernière donnée hebdomadaire fait apparaître une hausse de 304 000 b/j.

3/ les éléments cités ci-dessus vont sans aucun doute conduire l’OPEP à poursuivre sa stratégie et donc à maintenir sa production lors de sa prochaine réunion, le 5 juin. Les niveaux record actuels d’exportation de brut de la part de l’Arabie Saoudite et de l’Irak sont le reflet d’une demande qui s’est fortement améliorée, mais marque également la volonté des membres de l’OPEP de plafonner la hausse du prix du pétrole.

Rappelons également que le marché global reste en surcapacité et qu’il y a d’importantes positions spéculatives des hedge funds, qui sont redevenus très longs sur l’or noir (attention au débouclage de ces positions).

 

 

 FCP Turgot Pure Energy sur la semaine du 22/05 au 29/05/2015

Performance de Turgot Pure Energy depuis la création

Performance de Turgot Pure Energy depuis la création

 

> Les dix premières positions du fonds

10 premières positions

 

> Les principales contributions positives de la semaine
Schoeller-Bleckmann (+2,0%), Canadian Energy Services (+1,9%), Noble Energy (+0,5%).

> Les principales contributions négatives de la semaine
Saipem (-7,3%), CGG (-7,2%), PGS (-6,0%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 90,27% (vs 90,51% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 55,1% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (34,6%), le dollar canadien (9,2%), la couronne norvégienne (4,0%), la livre sterling (2,5%), le ringgit (2,5%) et le dollar de Hong-Kong (2,3%).