L’Arabie Saoudite ne convainc pas sur sa politique tarifaire appliquée au pétrole

le 17 novembre 2014

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Toute la semaine, la presse a porté son attention sur l’Arabie Saoudite et à juste titre. Rompant avec un mois de silence assourdissant, le ministre du pétrole saoudien Ali al-Naimi s’est enfin exprimé, mercredi 12 octobre 2014, dans un discours à Acapulco au Mexique. Il a réaffirmé la politique de longue date du royaume qui consiste à rechercher la stabilité sur les marchés mondiaux. Il a ainsi déclaré que son pays voulait travailler “avec d’autres producteurs pour assurer la stabilité des prix dans l’intérêt des producteurs, des consommateurs et de l’industrie dans son ensemble”. Dans la foulée, il a démenti mener une guerre des prix : “Les discussions sur une guerre des prix relèvent d’un malentendu ‒ délibéré ou non ‒ et n’ont aucun fondement dans les faits”. Selon le ministre, les spéculations sur un changement de la stratégie saoudienne ne sont toutefois que des conjectures grotesques et inexactes : “Nous ne cherchons ni à politiser le pétrole ni à nous allier contre quiconque. Pour nous c’est une question d’offre et de demande. C’est du pur business”.

Reste que les investisseurs n’ont pas obtenu la clarification qu’ils espéraient. Le ministre n’a offert aucune idée sur sa réponse à la chute des prix du brut. Frustrant et inquiétant : l’un des problèmes du discours saoudien est que l’offre et la demande sur les marchés de commodités n’ont jamais produit de prix stables.

Chute de la production libyenne
Et pour l’heure, les prix du brut continuent de s’affaiblir malgré l’accentuation de conflits impactant la production. Par exemple, les nouvelles faiblesses de la production en Libye n’ont pas eu d’impact. Selon l’AFP, la production a partiellement repris mercredi 12 novembre dans deux importants champs pétroliers du Sud-Ouest de la Libye, El-Sharara et El-Feel. La production sur ces deux sites avait été arrêtée la semaine dernière après une attaque armée qui a provoqué un incendie. Le champ d’El-Sharara peut produire 350 000 b/j tandis que le champ d’el-Feel a une capacité d’environ 200 000 b/j. Mohamed Hrari, le porte-parole de la Compagnie nationale NOC a également annoncé que les exportations depuis le terminal pétrolier d’Al- Hariga, à l’Est de Tripoli, étaient toujours suspendues depuis le 9 novembre en raison d’une grève. Les employés réclament des arriérés de salaires, se plaignant des retards que le porte-parole attribue aux combats faisant rage à Benghazi. Au final, la production du pays est retombée à 500 000 b/j.

Autre exemple qui n’a pas calmé la tendance baissière : les bruits de bottes en Ukraine. La guerre totale annoncée, si elle se produit, ne sera bien entendue pas neutre dans les volumes de production et la demande. Et si on ajoute des perspectives climatiques moins clémentes aux Etats Unis, le retournement sur les prix n’est sans doute pas loin. Le suspens devrait prendre fin le 27 novembre, jour de la réunion de l’OPEP à Vienne.