L’énergie sous performe, plombée par les publications de résultats

le 4 novembre 2015

La semaine passée s’est conclue par un léger repli pour les marchés européens, une pause intervenue après trois semaines consécutives de hausse. La probabilité renforcée d’un premier relèvement des taux américains en décembre a été bien accueillie par les marchés qui se sont repris après un début de semaine maussade. La semaine a été chargée en publications de résultats qui ressortent mitigées. On retiendra notamment le profit warning de Saint Gobain, les résultats décevants de l’Oréal, Sanofi et de Gemalto. A contrario, BNP Paribas sort une bonne publication qui confirme la hausse progressive de la solvabilité et la baisse du coût du risque.

La semaine écoulée a été marquée par le revirement de la FED qui ne parle plus du risque de ralentissement dans les pays émergents et qui rouvre la porte d’une hausse des taux dès décembre. L’Euro reste stable à 1.10$ après sa baisse de 3% sur la semaine dernière. Le PIB américain ressort à +1,5% au T3 (vs consensus à +1,6%) après +3,9% au T2. La consommation des ménages est en hausse de 3,2% au T3 (vs consensus à 3,3%), en légère décélération par rapport au T2 qui était à +3,6%.

En Europe, l’inflation est en ligne avec les attentes avec 0% pour le CPI en octobre (vs consensus à 0% et après -0,1% en septembre), le CPI core est à 1% (vs consensus à 0,9% et après 0,9% en septembre). Le climat des affaires résiste plus que prévu en Allemagne, l’indice IFO est à 108,2 en octobre (vs consensus à 107,8 et après 108,5 en septembre). C’est le 1er IFO depuis le scandale Volkswagen. Bonne nouvelle en France sur le chômage, en baisse de 0,7% (-24 000), soit la plus forte de diminution depuis 2008. Enfin, au Japon, la politique monétaire reste inchangée.

Les marchés ont bien réagi au communiqué de la Fed et finissent quasiment étalent en Europe (-0,22% pour l’Euro Stoxx 50) et à +0,20% aux Etats-Unis pour le S&P 500. Ce sont les actions japonaises qui ont le mieux performé suite à de bonnes publications de résultats dans un contexte de dépréciation du yen et du discours rassurant de la BoJ.

Du côté de l’énergie, les prix du pétrole ont progressé sur la semaine encouragés par une hausse modérée des stocks de brut nord-américains et surtout un reflux des stocks à Cushing, principal terminal de stockage aux Etats-Unis. Un autre élément de soutien des prix se situe dans les annonces de réductions d’investissements des compagnies pétrolières pour 2016 lors des publications des résultats du T3. Cela commence à provoquer de l’incertitude sur le niveau de production de l’année prochaine et l’équilibre du marché pétrolier. Ceci s’illustre notamment dans la poursuite du recul des nombres de rigs de forage en activité aux Etats-Unis chaque semaine. Le secteur énergie est toutefois en recul sur la semaine en raison des publications de résultats au T3 qui démontrent que la baisse des prix du pétrole pèse sur les bénéfices. Certaines compagnies ont vu leur bénéfice dégringoler, tandis que d’autres ont affiché des pertes. Les provisions pour dépréciation qu’elles ont constituées sont de l’ordre de 25 milliards de dollars (22,8 milliards d’euros) sur la période janvier-septembre. Sur 10 des 20 premières compagnies pétrolières nord-américaines et européennes qui ont publié leurs comptes du troisième trimestre, sept se sont retrouvées déficitaires. Il s’agit de Royal Dutch Shell, Eni, Occidental Petroleum, Anadarko Petroleum, Hess, Suncor et ConocoPhillips.

Le secteur bascule rapidement dans le rouge. Il renouera petit à petit avec les bénéfices en réduisant ses coûts mais cela va prendre du temps. Le marasme sectoriel a obligé les majors européennes à réduire leurs programmes d’investissement de 15% environ cette année, à près de 107 milliards de dollars, et les coupes risquent d’être encore plus franches l’an prochain.

A souligner également, le fort recul des prix du gaz aux Etats-Unis (près de -15% sur la semaine) compte tenu d’un niveau de stocks très élevé alors que la saison hivernale s’annonce faible en raison du phénomène climatique El Nino. La baisse a été accentuée par le roulement des contrats de futures et la confirmation que les réserves du bassin d’Utica (situé majoritairement en Pennsylvanie) seront à même de continuer à fournir du gaz naturel à faible coût de production.

Nous continuons de penser que les prix du pétrole vont rester sous pression à court terme compte tenu de la persistance d’une offre abondante et de la volonté affichée de l’OPEP de peser sur les prix dans une stratégie de gain de parts de marché. Nous considérons cependant que les prix seront orientés à la hausse à moyen terme en raison de l’ajustement en cours de l’offre, en particulier du côté du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le rebond des prix devrait néanmoins être lent et progressif.

Notre allocation reste majoritairement orientée sur les majors pétrolières, le midstream ou les sociétés E&P et de services pétroliers dont les situations financières restent solides et les positionnements sur des niches.

Evolution des prix du Brent de Janvier 2010 à Octobre 2015

Brent

Sur la semaine, les prix du Brent (échéance 1 mois) sont en hausse de 3,3% pour le Brent à 49,56$/b en clôture vendredi et de 4,5% pour le WTI à 46,59 $/b.

Les prix du pétrole ont fini la semaine en nette hausse, soutenus par un recul moins important que prévu des stocks aux Etats-Unis, et surtout du recul des stocks au terminal de Cushing (principal terminal de stockage aux Etats-Unis). La baisse du nombre de forage en activité, continue depuis quelques semaines est également un autre facteur de soutien ainsi que le ralentissement généralisé des investissements E&P, qui laisse augurer un recul de l’offre sur les prochains mois et donc un rééquilibrage progressif du marché.

 

FCP Turgot Pure Energy depuis la création

TPE

Les 10 premières positions du fonds au 30/10/2015

Top 10

> Les principales contributions positives de la semaine
Saipem (+7,7%), Chicago Bridge & Iron (+7,6%), Western Gas (+3,5%).

>Les principales contributions négatives de la semaine
Husky Energy (-17,4%), Hess (-7,8%), Devon Energy (-6,9%).

Notre niveau d’investissement en actions s’élève à 97,53% (vs 97,70% la semaine précédente). Notre exposition devises s’élève à 70,8% et n’est pas couverte. Elle porte sur le dollar (53,0%) et le dollar canadien (17,8%).