Les gouvernements à l’initiative pour amortir la baisse des investissements pétroliers

le 23 janvier 2015

Découvrez les actualités qui ont animé le marché pétrolier pendant la semaine du 19 au 23 janvier 2015.

 

Maria Van Der Hoeven, directrice de l’AIE, a déclaré lors d’une interview à Abu Dhabi que le déclin rapide des prix du pétrole, ainsi que la volatilité, pourraient entraver tous types de projets d’investissements dans le secteur de l’énergie nécessaires pour répondre à la demande future. Cela pourrait amener à une « situation problématique pour la prochaine décennie » a-t-elle ajouté. Cependant, Fatih Birol, le chef économiste de l’agence, voit le prix du brut autour de 45$ comme un « phénomène temporaire », d’après ses déclarations lors du forum économique de Davos. Mme Van Der Hoeven a également déclaré que l’équilibre offre-demande « allait se rétablir de lui-même ». Une main invisible très nécessaire.

Exemple concret : selon l’Association canadienne des producteurs de pétrole canadiens, l’investissement dans le secteur pétrolier dans la partie ouest du Canada, qui inclut l’Alberta, devrait baisser d’un tiers cette année, à 46Md CAD. Le Financial Times rappelle que même si le Canada détient les troisièmes plus importantes réserves de pétrole du monde, l’extraction de pétroles lourds des sables de l’Alberta est très consommatrice de capital et de travail. Selon le dernier rapport de l’AIE, les breakeven points de 25% des projets pétroliers canadiens se situe autour de 80$. Le FT ajoute que selon certaines estimations, l’industrie pétrolière et gazière canadienne compte pour 7,8% de son PIB, alors que les investissements dans le secteur comptent pour un autre 4,8%. L’article du FT commente le fait que la Banque Centrale Canadienne a abaissé son taux directeur à 0,75% pour faire face au ralentissement de l’activité notamment dans le secteur pétrolier.

 

Nouvelles incitations fiscales pour les investissements pétroliers

Face à la chute du prix du pétrole et aux annonces d’arrêt des investissements en 2015 dans le secteur pétrolier, plusieurs gouvernements ont choisi de ne pas attendre et ont annoncé des initiatives visant à créer des conditions à nouveau favorables pour le développement du secteur pétrolier. Ainsi, Upstream signale que le ministère des finances indonésien a posté sur son site internet un décret ministériel déclarant que le bureau des impôts mettait fin à la «taxe foncière et de construction» pesant sur les zones dans lesquelles les compagnies pétrolières mènent des activités d’exploration, effective depuis le 1er janvier 2015. Wahju Tumakaka, le porte-parole du bureau fiscal du ministère des finances, a déclaré à Reuters que la taxe «devrait seulement être appliquée durant la phase de production». Il a ajouté qu’en 2014, la taxe a rapporté quelque 1,43Md$, soit 1.2% des revenus du gouvernement. En décembre, l’association pétrolière indonésienne avait déclaré que les investissements en E&P pourraient chuter jusqu’à -20% cette année. Premier geste de la part d’un gouvernement aux pétroliers.

Au Royaume-Uni, Danny Alexander, le secrétaire en chef du Trésor britannique, et Priti Patel, le secrétaire de l’échiquier, ont lancé une consultation proposant de nouvelles incitations à l’investissement pour les projets gaziers et pétroliers offshore, rapporte Upstream. Les ministres ont déclaré que les nouvelles incitations visaient à simplifier celles déjà existantes afin d’introduire «une unique incitation, par bassin, liée aux montants des investissements, et qui viserait à récompenser les investissements à chaque étape du cycle de l’industrie». Danny Alexander a précisé que la nouvelle incitation devrait réduire le taux d’imposition effectif des compagnies investissant en Mer du Nord à 45-50%. D’après Ernst & Young, la proposition devrait être bien accueillie par l’industrie, mais il est difficile à dire si elle sera suffisante pour pousser de nouveaux développements à court terme, étant donné la faiblesse actuelle des prix du pétrole.

 

Octroi de licences d’exploration

Dans le même temps, le secteur est animé par tout une série de renouvellement de licences. A commencer celles du Brésil. D’après O Globo, un journal brésilien, les officiels brésiliens travaillant sous l’autorité de Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, réfléchissent à une nouvelle date pour l’octroi de nouvelles licences d’exploration. Les licences seraient octroyées à la fin de l’année, alors qu’il était initialement prévu qu’elles soient délivrées en milieu d’année. Les compagnies pétrolières internationales sont de moins en moins enthousiastes quant à l’octroi de ces licences, alors que le Mexique a lui aussi prévu de tenir son premier round d’attribution cette année. La situation de Petrobras a également refroidi les officiels brésiliens, qui s’interrogent sur la capacité de l’industrie pétrolière brésilienne à maintenir le rythme des investissements, ajoute O Globo dans son article. Petrobras est également principalement concentré sur la publication de ses comptes T3 14 rendue difficile par l’enquête sur les problèmes de corruption. Une mauvaise nouvelle pour les ventes multiclients des acteurs de sismique.

De son côté, la Norvège, a formellement lancé son 23ème round d’attribution de licences d’exploration, selon les déclarations de Tord Lien, le ministre norvégien du pétrole et de l’énergie, lors de la conférence industrielle de Sandefjord. Ce round d’attribution ouvre pour la première fois à l’exploration la partie sud-est de la Mer de Barents. L’offre comprend un total de 57 blocs, dont 54 sont situés dans la Mer de Barents, et 3 dans la Mer du Nord norvégienne. Il s’agit, selon,  le ministre norvégien, d’une « étape importante », puisque c’est la première fois qu’une nouvelle zone offshore est attribuée en Norvège depuis 1994. Le gouvernement a toutefois dû faire face aux appels de Greenpeace et WWF à exclure plusieurs blocs situés à proximité des glaces de l’Arctique. Le ministre n’a pas cédé à l’appel des environnementalistes de réduire le nombre de blocs, mais a déclaré que le round inclura l’obligation pour les compagnies exploratrices de maintenir une certaine distance avec le bord de la banquise, ainsi que des restrictions sur le forage durant certaines périodes de l’année.