Marchés actions : retour de la volatilité

le 6 mai 2015

Un retournement brutal sur la parité eurodollar secoue les marchés européens. Quelles conséquences ?

Les investisseurs actions européens s’étaient accommodés d’un cocktail sympathique servi aux marchés par les décalages de politique monétaire des deux côtés de l’Atlantique : baisse de l’euro, baisse des taux et baisse des matières premières. Résultat ? Au 13 avril 2015, tous les indices européens signaient des performances au-delà de 20% depuis le début de l’année.

Une économie américaine moins robuste qu’attendu
Si les intervenants de marchés se doutaient qu’une respiration était nécessaire, peu avaient misé sur un brutal retournement. Que s’est-il passé ? Le PIB Américain du premier trimestre est ressorti mercredi dernier à +0,2% largement en dessous des attentes des économistes qui le plaçaient à +1%. Impacté par des éléments ponctuels ― météo, grève des dockers, dollar fort ― mais aussi par une très faible consommation de la part des ménages, le PIB a été l’élément déclencheur du retournement de marché : Les investisseurs ont désormais acté que l’économie américaine n’était pas si solide, et qu’il est maintenant quasi exclu que la FED ne donne un premier tour de vis à sa politique monétaire en juin prochain.

Le dollar a reflué ― l’Euro est passé de 1,05$ à presque 1,13$ ―, faisant remonter le prix des matières premières. Les secousses se transmettant d’un marché à l’autre, les investisseurs européens ont dû faire face à de brutales tensions sur les marchés obligataires. Les 10 ans allemands et français se sont tendus pour atteindre respectivement 0,37% et 0,65%. Montée de l’euro, hausse des matières premières, tension sur les taux : les actions européennes ont vu trois de leurs principaux moteurs caler en même temps. D’où ce recul brutal.

Comment appréhender la suite ?
Il convient de se souvenir de plusieurs éléments. Si l’économie américaine a donc été pénalisée ponctuellement par la météo ou la grève des dockers, elle sera plus robuste au second trimestre. Ce qui devrait calmer la volatilité du marché des changes. Du coté des taux, leur remontée est pénalisante pour les marchés actions dans un premier temps, mais elle fait aussi écho à une amélioration rassurante de l’économie européenne. De plus, n’oublions pas que la Banque Centrale Européenne continue ses rachats de dette souveraine, et que, si elle ne peut empêcher quelques problèmes de liquidité à court terme, son impact reste majeur et devrait contenir finalement les tensions sur les marchés obligataires. Enfin, Il est vrai que les marchés actions paraissent chers : le DJ Stoxx 600 se payant actuellement 16,7 fois ses bénéfices. Mais il faut garder à l’esprit que les analystes de marchés n’anticipent qu’une trop faible croissance de 6% pour ces mêmes entreprises en 2015. Les publications de résultats d’entreprises européennes vont aller en s’améliorant dans le courant de l’année. Celles-ci devraient entrainer des relèvements de prévisions de bénéfices