Pétrole : guerre des prix vs risques géopolitiques, qui va l’emporter ?

le 7 novembre 2014

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Le marché pétrolier continue de chercher son plancher. Les prix du brut ont continué à baisser, une chute alimentée par l’information selon laquelle l’Arabie Saoudite avait réduit son prix de vente pour les consommateurs américains. Dans le même temps, le royaume a augmenté son prix de vente pour les consommateurs européens et asiatiques. Ce qui aurait pu susciter une interprétation plus positive pour les prix. Tel n’a pas été le cas.

En fait, cette tendance baissière pourrait très vite être stoppée. Les pays producteurs passent à l’offensive pour enrayer la chute des prix. Selon Reuters, le ministre du pétrole saoudien va rencontrer ses partenaires exportateurs de pétrole au Venezuela pour évoquer le changement climatique et au Mexique pour assister à une conférence sur le gaz naturel. Si la chute des cours n’est donc pas l’objet de la visite, nul doute que les deux pays visités auront des sentiments à lui transmettre. Ces voyages se passent au moment où le monde s’interroge sur les positions du royaume vis-à-vis de la chute récente des cours du baril et le désir qui lui est prêté d’une guerre des prix. Le marché ne peut oublier l’accord de fin mars 1998 quand les trois pays réunis à Riyad se mirent d’accord, au moment où les prix s’étaient effondrés à moins de 10 $/b suite à la crise asiatique. Ils décidèrent de couper la production non seulement de l’OPEP mais aussi de pays non-OPEP. Point important : c’était les trois plus gros exportateurs de pétrole vers les Etats Unis qui s’étaient entendus. En ce moment, comme en 1998, le Venezuela est particulièrement touché économiquement par la chute des cours du baril. Il a déjà de nombreuses fois appelé à ce que l’OPEP agisse pour enrayer la chute. De son côté le Mexique n’est pas membre de l’OPEP. Sa production de brut a chuté depuis 1998 (de 3,5 Mb/j en 98 à 2,9 Mb/j en 2013). C’est d’ailleurs ce qui explique l’ouverture de son marché aux compagnies étrangères. Quant à l’Arabie, si le royaume est prêt à une guerre des prix. Pour enfoncer le clou, Ali al-Naimi, ministre du pétrole saoudien, dont les paroles sont toujours très écoutées, est silencieux depuis septembre. Nombreux sont les observateurs à s’interroger sur les raisons de ce mutisme…

D’autres facteurs géopolitiques et de tensions alimentent un possible arrêt de la baisse des prix du Brent. Par exemple, Upstream rapporte que la production du champ libyen El Sharara s’est arrêtée après la saisie du champ par un groupe armé touareg. Ce champ produit 200 000b/j et sa capacité de production s’élève à 340 000b/j. Il avait déjà été fermé à deux reprises en 2014 et avait été rouvert après des négociations. Cet arrêt pourrait avoir une incidence sur le cours du pétrole.

Mais le plus préoccupant vient d’Arabie Saoudite. Mercredi 5 novembre, un incendie s’est déclaré dans un tronçon de pipeline entre Riyad et al Ghassin. Selon Iran French radio, il ne serait pas lié à des travaux de réparation comme l’affirme les autorités du pays mais d’un premier attentat sur le sol saoudien. De violents combats ont opposé les forces de sécurité saoudiennes à des terroristes à Barida, chef lieu de la province de al Ghassim. Des accrochages ont éclaté dans la foulée d’une double attaque terroriste contre deux Hosseyniyeh à Al Ahssa faisant six morts. Autant de tensions qui favorisent une remontée des prix mais poussent le marché dans une incertitude aiguisée.