Retour des risques géopolitiques avec l’intervention militaire de l’Arabie Saoudite au Yémen

le 30 mars 2015

Découvrez les évènements qui ont marqué le secteur de l’énergie et du pétrole en particulier durant la semaine du 23 au 27 mars 2015.

 

La principale actualité qui a marqué la dernière semaine de mars est l’intervention militaire au Yémen. En effet, l’Arabie Saoudite et ses alliés de la région du Golfe ont lancé des frappes aériennes sur le Yémen la nuit du 25/03 au 26/03. Selon la chaîne de télévision du Golfe al-Arabiya, le royaume a mobilisé 150 000 soldats et 100 avions de guerre sur le théâtre des opérations, et l’Egypte, la Jordanie, le Soudan, et le Pakistan sont prêts à prendre part à une offensive terrestre dans le pays. L’Arabie Saoudite n’a pas confirmé ces chiffres. Reuters avait déjà annoncé hier que l’Arabie Saoudite était en train d’amasser des équipements militaires lourds, incluant de l’artillerie, dans des zones proches de sa frontière avec le Yémen. Quand bien même si celui-ci n’est pas un acteur majeur dans la production pétrolière (environ 100 000 barils/jour de production vs. Production globale à 92 Mb/j). Les craintes résident dans la diffusion potentielle de ce conflit (le soutien des Houtis au Yémen étant l’Iran, ennemi de l’Arabie Saoudite) notamment au détroit de Bal el Mandeb par lequel transitent 3,5 Mb/j. Ainsi, que ce conflit dure ou pas, c’est en tout état de cause un rappel que la situation au Moyen-Orient est pour le moins explosive et milite pour un prix du brut plus élevé.

Autre point « chaud » à surveiller, le Nigéria où auront lieu samedi les élections législatives (repoussées depuis le 14 février en raison de l’insécurité croissante dans le pays). Pour rappel, ce pays contribue à la production mondiale de brut à hauteur de 2 Mb/j.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, les stocks poursuivent leur hausse alors que le nombre d’appareils de forage continuent de décliner. Selon Reuters, ils ont de nouveau augmenté de 8,2Mb la semaine dernière, pour atteindre 466,7Mb (+1.78%), alors que les analystes s’attendaient à une hausse de 5.1Mb. Les stocks de brut à Cushing ont augmenté de 1,9Mb, à 56,3Mb (+3.5%). En revanche, le nombre de foreuses pétrolières en activité poursuit son déclin (-41 unités à 825, contre 1609 au pic en octobre). Schlumberger, dans sa dernière présentation, prévoit que la production pétrolière américaine sera en baisse en 2016. La société de services pétroliers rappelle que d’ici 2020, un tiers de la production mondiale cumulée aura disparu en raison du déclin naturel des champs existants. Il est donc primordial d’investir dans les champs de demain. Or les dépenses d’investissements des producteurs pétroliers sont en baisse de l’ordre de 15 % cette année et devraient encore baisser l’an prochain. Schlumberger a également déclaré que le marché global du pétrole se dirigeait vers une contraction dans la deuxième moitié de l’année.