Revue des marchés – Janvier 2016

le 2 février 2016

La sinistrose s’est emparée des marchés en ce premier mois de l’année. Comme au mois de décembre, les mêmes variables alimentent les mêmes purges boursières : baisse du pétrole, doutes sur la croissance mondiale et crainte d’une déflation généralisée provoquées par le ralentissement de la Chine. La chute du Brent de 38$ à 28$ a poussé les investisseurs à imaginer une crise systémique des marchés : les investisseurs anticipent de nombreux défauts d’entreprises du secteur pétrolier susceptibles d’impacter violemment les bilans des banques qui les ont financées. Du côté de la Chine, la banque centrale a été obligée de laisser baisser à nouveau le Yuan versus Dollar US, devant les sorties de capitaux provoquées par le ralentissement de son activité manufacturière et devant les lourdes positions vendeuses prises par les hedge funds.

Une fois le Yuan stabilisé, trois évènement auront permis de mettre fin au mouvement de baisse des marchés : 1/ le discours de Mario Draghi qui promet une révision accommodante de la politique monétaire de la BCE en mars prochain. 2/ les rumeurs de négociations entre la Russie et l’Arabie Saoudite sur une réduction de leur production de pétrole, faisant remonter le baril de Brent vers 36$. 3/ la baisse des taux surprise de la Banque du Japon, en territoire négatif, le dernier jour du mois.

A l’arrivée, un des pires début d’années jamais enregistrés : l’Eurostoxx 50 perd -6,67%, tiré par les banques (-16,82%) et l’automobile (-16,28%).  A noter : la forte baisse du marché actions italien (-12,89%) torpillé par des craintes sur la solidité de son secteur bancaire. Aux Etats-Unis, avec un secteur manufacturier sous pression, et une consommation qui peine à prendre le relais malgré des créations d’emplois solides. Les actions américaines ont limité la casse (S&P 500 en recul de -4,76% en euros) alors que débutent les publications d’entreprises dans un environnement où les investisseurs ont besoin d’être rassurés au niveau des résultats et des perspectives pour les prochains trimestres. Dans ce contexte, un fort mouvement de « fuite vers la qualité » s’est enclenchée, le taux allemands 10 ans est en baisse de -30bp et le 10 ans US de -35bp, phénomène particulièrement contradictoire à l’enclenchement de la hausse des taux de la Fed le mois précédent. Les investisseurs sont d’ailleurs en train d’effacer toute anticipation de hausse des taux sur 2016. L’iBoxx souverain finit en hausse de +1.96% sur janvier. Les spread de crédit se sont eux en revanche considérablement écartés. L’iBoxx Corporate est en hausse de seulement +0.52% tandis que les plus « high beta » chute fortement à l’image de l’iBoxx Corp Hybrid à -2.32% ou l’iBoxx CoCo à -2.59%.