Vers un rééquilibrage du marché pétrolier

le 3 décembre 2014

Entre le 24 et le 28 novembre 2014, les prix du Brent (échéance 1 mois) ont reculé de 4,2% à 74,78 $/b en moyenne. Les prix du WTI s’inscrivent en baisse de 4,0% à 72,34 $/b en moyenne. Et les cours du pétrole ont poursuivi leur recul après le statu quo de l’OPEP, entraînant dans leur chute les valeurs du secteur pétrolier et parapétrolier.

Le maintien du quota de l’OPEP ne surprend pas dans la mesure où il est en ligne avec les déclarations qui avaient été faites par plusieurs membres du cartel quelques jours avant la réunion du 27 novembre 2014, dont le ministre du pétrole saoudien. Néanmoins au regard de la forte baisse des prix après la réunion, le marché attendait un message plus fort du cartel. Le fait qu’il n’y ait pas de réunion d’urgence prévue avant juin 2015 et aucune explication sur le respect du quota va laisser les marchés dans l’incertitude. Comme la production de l’OPEP dépasse aujourd’hui allègrement ce quota, certains commentateurs de marché ont une lecture très négative de cette réunion : ils parlent d’immobilisme et vont même jusqu’à remettre en cause l’intérêt même de l’existence de l’OPEP.

L’OPEP a pourtant pris une décision rationnelle : laisser le marché se rééquilibrer de lui-même. Pour analyser la situation, il convient de prendre du recul et de reprendre la chronologie des faits. Les prix ont commencé à baisser au cours de l’été 2014, alors que l’Arabie Saoudite n’avait pas du tout modifié sa stratégie pétrolière. Donc ce n’est pas elle qui a commencé à faire chuter les prix du pétrole. Ces derniers ont commencé à baisser depuis le pic de juin, où ils ont atteint le record de l’année, à savoir 115 dollars le baril. On a vu sur le marché, à ce moment-là, un ralentissement économique qui a pesé sur la demande, une abondance de la production pétrolière mondiale, notamment en Amérique du Nord, et l’Irak a beaucoup produit et exporté malgré la guerre contre le groupe Etat islamique. De même, il y a eu un mieux en Libye, en termes de production et d’exportation et, enfin, la hausse du dollar qui se traduit souvent par une baisse des prix du pétrole. En résumé, il y a quatre facteurs qui expliquent la chute des prix du pétrole : une demande moins dynamique que prévu, une offre abondante et croissante, grâce à la production de l’Amérique du Nord, la présence des pétroles irakien et libyen sur le marché et la hausse du dollar.

L’évolution du pétrole s’inscrit également dans un contexte de baisse des marchés actions. En dehors de la zone euro, tous les marchés actions étaient orientés à la baisse sur la semaine. Cette tendance baissière s’apparente à une pause après plusieurs semaines de hausse.

 

 >> Lire la Lettre hebdo Turgot Pure Energy n°38 du lundi 1er décembre 2014