Dans l’ombre de la Chine, l’Europe reste attrayante

le 27 août 2015

La dévaluation du yuan pèse sur l’ensemble des devises émergentes. Le poids de la dette libellée en dollar s’accroît fortement. Les marchés émergents sont les premières victimes de la tempête boursière de la semaine dernière. Pas l’Europe.

Du fait de son lien au dollar américain, la Chine a vu sa monnaie s’apprécier dans le sillage du dollar (+25 % de mars 2014 à mars 2015). Dans un contexte de ralentissement économique domestique, la baisse du yuan était nécessaire, et par conséquent, inévitable. Elle peut se poursuivre si la transmission du crédit ne retrouve pas davantage de fluidité en Chine. La baisse du yuan a plusieurs conséquences pour le reste du monde. D’abord, elle favorise les exportations chinoises au détriment de ses concurrents : c’est la guerre des changes. Ensuite, elle alimente la déflation mondiale : c’est précisément ce contre quoi les banques centrales mondiales luttent. Enfin, elle coupe davantage les ailes d’une remontée des taux américains.

Une remontée des taux américains reportée sur le court terme pourrait permettre potentiellement un retour au « business as usual » sur les marchés financiers. La quête de rendement peut se poursuivre. Les taux bas permettent de supporter le poids gigantesque de la dette. Dans ce contexte, et après la baisse exagérée de la semaine dernière, nous n’avons pas coupé nos positions et profitons du rebond. Nos portefeuilles sont majoritairement exposés à l’Europe, où les analystes attendent jusqu’à 15 % de progression des bénéfices cette année. Dans ces conditions, et avec les faibles niveaux de valorisation des actions européennes, la récession mondiale attendra encore un peu !