La Libye devient une préoccupation majeure

le 9 mars 2015

Découvrez les actualités qui ont marqué le secteur de l’énergie et du pétrole en particulier pendant la semaine du 2 au 6 mars 2015

 

Les Echos reprennent une étude du cabinet de conseil en gestion des risques et de courtage en assurances Aon. Celle-ci reprend les risques auxquels sont confrontés les pays exportateurs de pétrole d’Afrique, de l’ex-URSS, et du Moyen-Orient. L’étude pointe du doigt les nombreux risques géostratégiques qui touchent ces pays : le vide politique et les actions de groupes djihadistes, notamment en Libye, au Nigeria, en Irak, et en Syrie, tout comme les sanctions occidentales en Russie. La baisse des prix du pétrole augmente de plus le risque de défaut des entreprises de ces pays, ainsi que le risque de non convertibilité de leurs devises. La baisse des recettes en devises et de la collecte fiscale associée au pétrole pourrait également augmenter les risques d’instabilité. Le ralentissement chinois est aussi un risque cité par l’étude. Celle-ci précise toutefois que sur un an, le risque politique des 163 pays émergents suivis est resté stable. Les événements les plus déstabilisants (chute du prix du pétrole et montée du djihadiste), sont cependant souvent inattendus.

Le marché porte une attention toute particulière à la Russie. Selon Reuters, la production de pétrole russe est restée pratiquement inchangée en février, malgré les sanctions. La production a atteint 10,65Mb/j, contre 10,66Mb/j en janvier. Le ministère de l’énergie russe prévoit que la production pétrolière du pays reste stable sur 2015, à 10,56-10,60Mb/j. Les exportations russes de pétrole ont atteint 4,27Mb/j en février, contre 4,34Mb/j un mois plus tôt. Toujours selon Reuters, commentant ses résultats annuels, le Vice-Président de Lukoil, Leonid Fedun a estimé que la production de la Russie pourrait baisser de 800 000 b/j d’ici 2016, la baisse des prix forçant les compagnies à réduire les forages en Sibérie d’environ 15 à 20%. La capacité de raffinage pourrait également baisser de 800 000b/j en Russie suite à l’instauration de nouvelles taxes qui obligeront les raffineries inefficaces à être retirées. Ce sera le cas de la raffinerie de Lukoil à Ukhta.Il s’agit du discours le plus pessimiste sur les tendances en Russie entendu à ce jour.

Le chaos en Libye ?
Reuters rapporte des informations du National Oil Corporation libyen, selon lesquelles la production de pétrole dans le pays atteint dorénavant un niveau de plus de 400 000b/j. Avant la guerre civile, celle-ci atteignait 1.6Mb/j. En février, la production libyenne a atteint 270 000b/j en moyenne. Toujours selon Reuters, des militants islamistes ont bombardé les champs pétroliers libyens de Bahi et Mabrouk lundi, provoquant des dommages sur un pipeline relié au port Es Sidra. Il est compliqué d’estimer l’étendue des dommages du fait que les combats continuent, a précisé le porte-parole des forces protégeant les infrastructures énergétiques dans le pays. Et selon l’AFP, les islamistes radicaux se sont emparés mardi de deux champs pétroliers situés dans le centre du pays et seraient en route pour prendre le champ de Dahra, après le retrait de la force qui était chargée de surveiller ces sites, faute de munitions. Les sites de Mabrouk et Bahi situés à quelque 200 km au sud de Syrte (environ 500 km à l’est de Tripoli) sont à l’arrêt depuis plusieurs semaines, en raison des violences et du fonctionnement ralenti des terminaux d’exportation. Le personnel des deux sites a été évacué après une première attaque début février qui avait fait au moins 11 morts. Cette attaque qui n’avait pas été revendiquée a été attribuée également par les gardes des installations pétrolières à des islamistes radicaux. Le champ de Mabrouk est exploité par une co-entreprise dirigée par la Compagnie libyenne de pétrole (NOC), dans laquelle le groupe français Total détient des parts. Pour finir, selon Reuters, la Libye a déclaré la force majeure sur 11 de ses champs pétroliers, à cause de la détérioration des conditions de sécurité. Plusieurs installations pétrolières et ports ont été visés par des attaques dernièrement. Les installations pétrolières placées en situation de force majeure comprennent les installations de Mabrouk et Bahi, sous contrôle de militants islamistes depuis cette semaine.

Tous ces événements interviennent alors que d’après Reuters, la production des pays membres de l’OPEP a diminuée en février, pour atteindre 29,92 Mb/j, contre 30,27 Mb/j en janvier. Les principales raisons de la baisse sont involontaires. Le mauvais temps a ralenti les exportations irakiennes (à 2,05 Mb/j contre 2,39 Mb/j en janvier), alors que les troubles en Libye continuent à peser sur la production du pays (la moyenne mensuelle atteint 270 000 b/j). Si les chiffres sont confirmés, il s’agirait d’un plus bas depuis juin dernier.