Outre la baisse des prix, les producteurs de Pétrole doivent faire face à nouvelles menaces

le 12 décembre 2014

Découvrez les actualités qui ont animé le marché pétrolier pendant la semaine du 8 au 12 décembre 2014

Selon le Financial Times, les options négociées à la Conférence sur le climat à Lima, et qui devraient déboucher sur un accord à Paris l’an prochain, menacent les producteurs de pétrole et de charbon. Les propositions visent en effet à ce que les pays ne dégagent aucune émission nette d’ici 2050. Les émissions de CO2 dégagées par les énergies fossiles devraient donc être capturées ou compensées par des plantations pour absorber le CO2. Répondant implicitement à ces propositions, le CEO de Shell, Ben van Beurden a expliqué que les attentes vis-à-vis d’un futur « zéro carbone » devaient être tempérées dans la mesure où la demande d’énergie est très forte et où les sources d’énergie renouvelables ne seront pas en mesure de constituer une alternative réaliste aux énergies fossiles avant de nombreuses décades. Pendant ce temps, les centrales électriques en cours de fermeture en Europe, centrales à gaz et centrales nucléaires, figurent parmi les centrales les plus propres : cherchez l’erreur.

A plus court terme, les producteurs de pétrole mesurent un peu plus chaque jour l’impact de la baisse des prix du baril de pétrole. Selon le BIP, qui reprend les conclusions du cabinet Rystad Energy, la chute prolongée du baril sous les 80 $/b, 150 Md$ de nouveaux projets « passeront à la trappe ». Selon Rystad, 800 décisions finales d’investissement étaient prévues en 2015, représentant 500 Md$ d’engagements. Mais avec un baril à 70$/b, la moitié de ces nouveaux investissements semblent menacés. Autant dire qu’il s’agit là d’une perspective sombre pour la demande dans les services pétroliers.

Les Etats-Unis ne passent pas au travers des effets négatifs d’un prix du pétrole à la baisse. Ainsi, le Financial Times a mis en avant le test de résistance que s’apprêtent à vivre les producteurs d’hydrocarbures de schistes aux Etats-Unis, suite à la baisse des prix du brut. Ils utilisent plusieurs leviers pour résister. D’abord, la baisse des Capex, à l’instar de ConocoPhillips (-20 % en 2015). Le rig count US affiche une baisse marquée récemment : -8 % en novembre sur Eagle Ford, -5 % sur Bakken. Ensuite, le recours à l’endettement. Les plus grosses E&P (Anadarko, EOG Resources) peuvent voir venir, avec un ratio dette nette / EBITDA de 1x sur la base d’un WTI à 70 $/b, mais de plus petits acteurs sont dans des situations plus critiques (ratio supérieur à 4x). Puis la production de gaz : les prix du gaz ont moins baissé que ceux du brut, et devraient être portés par la demande hivernale. Enfin, le dernier levier, qui présente un potentiel important, est celui de l’efficacité et du cost cutting. Bref… 2015 s’annonce déjà bien difficile pour les producteurs de schiste et les fournisseurs de tubes OCTG comme Vallourec ou Tenaris.