Pétrole : le quota de production maintenu malgré une baisse des prix douloureuse pour les pays producteurs

le 28 novembre 2014

Découvrez les actualités qui ont animé le marché pétrolier pendant la semaine du 24 au 28 novembre 2014

La réunion de l’OPEP du 27 novembre était très attendue par les investisseurs. L’OPEP a annoncé le maintien de son quota de production à 30 Mb/j considérant le marché correctement approvisionné. Le cartel a affirmé rester attentif à l’évolution des marchés pétroliers, et s’est dit prêt à intervenir si un déséquilibre se matérialisait.

Dans la droite ligne de cette prise de position, selon le McClatchy Tribune, qui reprenait les propos du ministre iranien du pétrole, l’Iran n’a pas prévu de réduire sa production et va tenir à l’accord limitant la production à 30Mb/j. Et à la veille de cette réunion de l’OPEP, le ministre saoudien du pétrole Ali al-Naimi avait déclaré que “le marché finirait bien par se stabiliser”. Il a aussi indiqué que les pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït, Émirats Arabes Unis et Qatar) avaient adopté une position commune avant la réunion de l’OPEP en ajoutant qu’il était confiant sur le fait que l’OPEP adopte une position unifiée.

Le Brent a logiquement chuté de 8,7% suite à cette annonce, entraînant dans son sillage les valeurs pétrolières et parapétrolières. Et pour cause : la prochaine réunion de l’OPEP est prévue le 5 juin 2015. Dans ce laps de temps, les conséquences de la baisse du prix du baril de pétrole vont continuer à produire leurs effets malgré quelques discours se voulant rassurants. Ainsi, selon le BIP, le ministre émirati de l’Énergie, Suhail al-Mazrouei, a affirmé lors d’une rencontre avec des journalistes que le déclin des prix du pétrole “ne constituait pas une catastrophe pour l’État des Émirats”. Les “revenus liés au pétrole ne représentaient plus que 30 % de son PIB” suite à la diversification de ses sources de revenus.

A contrario, selon le Financial Times, le Nigéria a dévalué sa monnaie de 8,40 %, passant de 155NGN/$ à 168NGN/$, et élevé les taux d’intérêts au taux record de 13 % contre 12 % précédemment, pour faire face à la baisse des prix du baril. Le Nigéria dépend du pétrole qui fournit 70 % des revenus du gouvernement et 90 % de ses gains en devises. Les réserves en devises de la banque centrale ont chuté de 2 Md$ le mois dernier à 37,2 Md$, limitant la capacité de la banque à défendre le naira. Le Nigéria est le septième producteur de l’OPEP avec une production de 1,88 Mb/j en octobre 2014 (source AIE) et commence donc à souffrir du recul des prix alors que les élections présidentielles sont prévues fin février 2015.